‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 276 sur 441 · ACTE II, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE

CLAUDINE, soupirant.

Et je l'ignore : je n'ai pour moi que mon cœur.

AMBROISE

Et tu crois le réduire au silence , leur cacher à tous deux tes combats , ta jalousie et tes larmes ? La moindre indiscrétion te décèle , te fait congédier.

CLAUDIIVE.

Je me contiendrai.

AMBROISE

Ta tristesse donnera des soupçons.

CLAUDINE

J'apprendrai à sourire, je composerai mon visage, je paraîtrai gaie.

AMBROISE

C'est bien difficile.

CLAUDINE, riant d'un air forcé.

Vous voyez bien que je le suis.

AMBROISE

Ta gaieté est d'une vérité {Lui prenant la main.)

Pauvre Claudine! pauvre Claudine!

CLAUDINE

Plaignez -moi; mais, ne m'otez point l'espérance. Si c'est une illusion, elle me soutient et me console. J'attendrai tout du temps, des circonstances; j'aurai l'esprit du moment ; j'y ploierai mon caractère ; je caresserai l'indifférence ; je flatterai une rivale redoutable; je ferai... je ferai ce que m'inspireront mon cœur et Benjamin.

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