‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 304 sur 441 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

BELTON.

Je ne crois pas avoir à me reprocher...

MADAME DERNETTl.

Vous ne le croyez pas ! et votre voyage aux Glaciers? et la vallée de Chamouni ? et le Montanverd?

BELTON, avec timidité, cherchant à la pénétrer.

Le Montanverd ?

MADAME DERNETTl.

Vous le connaissez, le Montanverd?

BELTON, baissant les yeux, et balbutiant.

Oui, madame, j'y ai passé.

MADAME DERNETTl.

Vous vous en souvenez ?

BELTON.

Je m'en souviens.

MADAME DERNETTl.

Et votre cœur ne vous fait pas de reproches ?

BELTON.

De grâce , épargnez-moi.

MADAME DERNETTl.

La ruine de cette enfant n'est-elle à vos yeux qu'une chose sans conséquence, qu'une pure bagatelle? Sa jeunesse, son innocence, ne devaient-elles pas vous la rendre respectable ? vous en êtes-vous depuis occupé un moment? vous êtes-vous informé de son sort ? avez-vous même pensé aux maux incalculables que vous avez accumulés sur sa tête ?

BELTON, avec timidité.

Elle est en effet malheureuse ?

444 CLAUDINE

MADAME DERNETTI.

Et sa misère est votre ouvrage.

BEL TON

Je l'en garantirai.

MADAME DERNETTI.

Je vous ai prévenu.

BELTON.

Vous , madame ?

MADAME DERNETTI.

Moi, qui ne lui dois rien.

BELTON.

Vous la connaissez donc ?

MADAME DERNETTI.

Je la connais.

BELTON.

Et sa conduite?...

MADAME DERNETTI.

Fut toujours digne d'éloges.

BELTON.

Elle était sage ! Ah ! qu'ai-je fait !

Vous ne connaissez encore que la moitié de vos torts.

BELTON.

Achevez donc , madame.

MADAME DERNETTI.

Vous l'avez rendue mère.

BELTON.

Grand Dieu !

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