ACTE I, SCÈNE IV
M OR AD
Excessivement acariâtre...
ALI
La rend très-propre au service des femmes du sérail.
( Hercide fait un mouvement. ) NADIR.
Oui vraiment, ce sera...
ALI
Un épouvantai!.
PIRRH A.
Reposez-vous sur moi de l'honneur du bâcha.
MORAD, à part.
Ainsi, voilà deux affaires arrangées. Je gagne un emploi, et je perds ma femme. Gloire en soit rendue au divin Mahomet.
HERCIDE, à Nadir.
Seigneur officier , qui faites du bien à tout le monde , laisserez-vous dans l'embarras un pauvre apprenti , qui n'avait que cinquante sequins, et qui les a donnés à son maître ?
ALI
Moi , je te donne tout ce que je viens d'acheter.
HERCIDE, à part.
Ce n'est pas là mon compte.
MORAD.
Que ferait-il de cela? il n'est encore en état de rien , et il ne fera jamais mieux : cela n'a point de goût, point d'imagination.
HERCIDE, à part.
Comme il me sert ! {^A Nadir. ^ Si vous pouviez aussi disposer en ma faveur de quelque petit emploi , je n'aurais d'autre ambition que de justifier vos bienfaits.
NADIR, à Ali, Il est jeune , sa figure est intéressante.
ALI
Et s'il était eunuque...
HERCIDE.
Pas du tout , seigneur , Dieu merci.
ALI
En ce cas, on pourra l'employer dans les jardins extérieurs.
HERCIDE, à part, plein de joie.
Dans les jardins! Je la verrai... de loin; mais, enfin je la verrai.
W ADIR.
La proposition paraît lui convenir.
Ah! elle comble tous mes vœux.
JVADIR.
Je m'applaudis d'avoir pu faire trois heureux en un instant. Adieu , bonnes gens. Dans deux heures , vous aurez de mes nouvelles. ( Frappant sur V épaule de Morad.) Moins de vanité, mon cher Morad. ( Souriant a Pirrha. ) Moins d'humeur , Pirrha , moins d'humeur. ( A Hercide. ) Et vous, jeune homme , de l'activité , du zèle , de la reconnaissance : cela mène à tout.
(Il sort avec Ali. Morad, Pirrha et Hercide les conduisent.)