SCÈNE V
HERCIDE, MORAD, PIRRHA.
M O R A D , joyeux et se frottant les mains.
Me voilà enfin sur la route qu'a parcourue le bâcha. A quelques mots près , je suis très-satisfait des procédés de l'officier supérieur.
PIRRHA, retournant la bourse dans ses mains.
Ceux de l'officier subalterne m'enchantent.
HERCIDE.
Je te verrai, chère Atalide, je t'approcherai peutêtre.
MORAD, avec une tristesse affectée.
Pirrha , ma chère Pirrha !
PIRRHA , de même.
Morad , mon tendre époux !
Tu vas entrer dans l'intérieur du sérail.
PIRRH A.
Le bâcha t'enverra peut-être sur les confins de la Syrie.
MORAD.
Nous allons donc nous quitter !
PIRRHA.
Hfelas! et pour la vie.
MORAD, à part.
Je l'espère.
PIRRHA, à part.
J'y compte.
MORAD.
Tu sais combien je te regrette?
PIRRHA.
Oui , à peu près comme moi.
MORAI>. '
Ma petite femme !
PIRRHA.
Mon chou !
M O R A D , ouvrant ses bras.
Le dernier baiser de l'amour.
PIRRHA, l'embrassant avec transport.
Celui-ci vaut seul tous les autres.
MORA.D
Ma foi , j'allais te le dire. Mettons-nous à notre^ aise.
PIRRHA.
Et laissons la grimace.
HERCIDE.
Il y a des mariages bien assortis, il faut en convenir.
MORAD.
Afin de n'avoir plus ri^n de commun ensemble, partageons maintenant...
PIRRHA, reprenant son ton aigre.
' Quoi , l'or de l'officier ? c'est à moi qu'il l'a donné.
MORAD.
C'est à nous.
PIRRHA.
c'est à moi.