‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 326 sur 441 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

PIRRHA, HERCIDE.

PIRRHA, en plumes, coiliei" , etc.

Me voilà , je crois, très-présentable, et les odalisques n'auront point à rougir à mon aspect. Je vais donc être transplantée , du fond d'une boutique , dans celui d'un sérail. Plus d'embarras de ménage, plus d'inquiétudes du lendemain, plus de querelles conjugales ; mais aussi des femmes , encore des femmes , toujours des femmes , ou de vilains eunuques qui valent moins encore. Morad est laid, il est pares-

48o LA LANTERNE MAGIQUE, seux, il est bourru; mais enfin Morad est un homme, et ces animaux-là ont quelquefois leur mérite. Cependant il va s'éloigner , et me voilà veuve. Il n'est pas défendu à une veuve d'être prévoyante , et ce petit

HERCIDE.

Ma maîtresse s'occupe de moi ?

PIRRHA.

Oui, je pensais à ta nouvelle condition. Elle paraît douce au premier coup d'oeil.

HERCIDE.

Elle m'assure au moins la paix de l'ame, l'abondance...

PIRRHA.

Et l'ennui. Des hommes , encore des hommes , toujours des hommes.

HERCIDE.

Je sens bien qu'il n'est pas facile de se résigner.

PIRRHA.

Non, sans doute. A ton âge on est sensible.

HERCIDE.

Je le suis à l'excès.

PIRRHA.

Et moi, je suis compatissante.

HERCIDE, à part.

M'aurait-elle entendu ?

PIRRHA.

Ainsi, il sera facile de se rapprocher quelquefois.

De se parler.

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