‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 328 sur 441 · ACTE I, SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIL

Quelque amour que j*aie pour vous , je ne suis pas insensible aux charmes de l'amitié.

PIRRHA, d'un ton sec.

Masculine , ou féminine ?

HERCIDE, embarrassé.

C'est... une femme à qui les liens du sang...

P I R R H A , se refrognant.

Ah ! c'est une parente.

HERCIBE.

Une sœur.

PIRRHA.

Qui est dans le sérail ?

HERCIDE.

Que je n'ai pas vue depuis... son enfance.

PIRRHA.

Et que vous espérez que je vous ferai voir ?

HERCIDE.

Le ciel me garde d'en avoir la pensée. La favorite du hacha, l'objet de ses soins empressés, la dispensatrice des grâces , une femme que l'amour et la fortune comblent de leurs plus précieuses faveurs, se permettrait une imprudence qui la ferait rentrer dans la foule des femmes du sérail ! Si j'avais soupçonné qu'un bâcha amoureux pût croire à la parenté , ne me serais-je pas déclaré à ses officiers? ne pouvais-je pas tout attendre ?...

PIRRHA.

Et attendez-vous que je sois plus crédule qu'un

bâcha amoureux? Il me faut aussi des preuves de

parenté ; mais des preuves claires , positives.

H E R C I D E , embarrassé.

Femme vraiment adorable... vos inquiétudes , vos alarmes...

PIRRH A.

Pas de mots , des preuves.

H E R C I D E , tirant une bourse.

Cette bourse qu'un eunuque m'a remise en secret...

PIRRHA.

Ne prouve rien du tout. On envoie aussi de l'or à son amant.

HERCIDE.

Mais, un amant ne refuse pas de voir sa maîtresse.

PIRRA, d'uîi ton d'approbation.

Ah!... et possesseur d'une somme assez forte, vous acceptez une place dans les jardins ?

HERCIDE.

Comme un moyen d'approcher le bâcha, de m'en faire connaître, persuadé qu'alors ma sœur me fera monter rapidement aux emplois les plus distingués.

PIRRHA, à part.

Il y a quelque apparence de vérité dans ce qu'il me dit là. {^Haut, ) Voyons, mon cher ami, qu'attendez-vbus de moi ?

HERCIDE.

Rien que de simple. Vous direz à ma sœur...

Oui se nomme...

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