‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 399 sur 441 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

DERVAL

Auprès de celles qui nous laissent assez de sangfroid pour nous servir de nos ressources.

MADAME DERVAL

Par exemple, ceci n'est pas flatteur.

DERVAL

Comment donc ?

C'est que vous avez beaucoup d'esprit en ce moment.

DERVAL

Parce que je n'ose déraisonner. Si je n'écoutais que mon cœur...

MADAME DERVAL

Oh ! ne parlons pas de cela , s'il vous plaît.

DERVAL

Vous ne me faites pas l'honneur de me croire dangereux.

MADAME DERVAL

Dangereux, non; mais, fort aimable.

LISE

Aïeî aïe!

DERVAL

Ce défaut-là, vous le portez à l'excès, et je me garde bien de vous en faire des reproches.

MADAME DERVAL

Je conçois qu'il est pardonnable.

DERVAL

Il justifie ce que j'éprouve et ce que je me permets de vous dire.

58o LES RIVAUX D'EUX-MÊMES.

MADAME DERVAL, riant.

Lise avait bien raison : il arrive à la campagne des choses d'une singularité...

DERVAL

Ce qui m'arrive à moi est inconcevable. Je descends dans cette auberge, je maudis le retard que j'éprouve, je m'emporte, je vous vois, et...

( Il s'arrête. )

MADAME DERVAL

Et ?...

DERVAL

Sans compliment, sans politesse, je suis enchanté de n'être pas parti.

MADAME DERVAL

C'est du fatalisme, cela. Monsieur me connaît depuis cinq minutes...

D E R VA L , tendrement.

En faut-il tant pour vous juger?

MADAME DERVAL

Et moi, qui ai la bonté de me prêter à de semblables folies! Réfléchissez, monsieur, revenez à la raison.

DERVAL

De la raison auprès de vous ! quelle idée avez- vous donc de vous-même ?

MADAME DERVAL

]N[e vous serait-il pas égal, monsieur, de parler d'autre chose ?

DERVAL

Egal, non.

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