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c( entre sâ mère et moi ! » Je tire la porte, je m'éloigne.
Il l'interrogera. Il est trop fortement agité, pour que la jalousie n'impose pas silence à la délicatesse... Lui, jaloux! et de qui? d'une femme, qu'il a sacrifiée à un objet indigne de lui , qu'alors il eût vue, sans peine peut-être, livrée à des désordres qui eussent justifié les siens... Non, il n'est pas jaloux; son orgueil seul est blessé; ils sont tous faits ainsi. C'est sur nous seules que doivent peser la constance, la fidélité, le fardeau du mariage. Ils se réservent l'astuce, la perfidie, quand ils se respectent; ils bravent tout, quand ils cessent de se respecter. Ils exigent que nous nous interdisions le reproche, la plainte, que nous dévorions nos larmes. Ils deviennent tyrans; ils le veulent: ils s'en glorifient, et, sans pitié, ils écrasent leur victime.
Malheureuse! qu'as-tu dit, qu'oses-tu penser? Ton cœur s'égare, et tu lui cherches une excuse dans les torts de ton mari. Hé! qu'as-tu à lui reprocher? il t'a tirée de l'indigence et de l'obscurité; il t'a élevée jusqu'à lui; il a appelé, sur toi, le calme, l'abondance, la considération, le bonheur. Long -temps il a fait le charme de ta vie, et s'il a été faible un moment, par quels touchans regrets, par cjuels égards, par quelle affection n'a-t-il pas effacé sa faute? Et tu l'accuses, femme cruelle et injuste! Oh! ce n'est pas lui qu'il faut
accuser. C'est toi, toi, qui n'as pu te défendre contre les qualités, les agrémens de ce jeune homme; qui l'as rendu maître de ton cœur; qui n'a pas eu la force de le lui cacher; qui n'a pas voulu sentir que te laisser pénétrer, c'est donner des droits à l'amour; qui n'as pas réfléchi qu'il suffit d'une occasion pour te rendre coupable ; c'est toi qui dédaignes, qui méconnais tout, et qui oses te plaindre! Reviens à toi, à ton devoir; cours chercher Ion époux, implore son indulgence, oublie, auprès de lui, un amour criminel et malheureux.
Hélas! c'est lui qui revient, qui revient le premier. Il ne dissimule rien; il avoue qu'il a interrogé Honorine, il me demande pardon!... Je tombe à ses pieds, je les embrasse; il me relève, il m'entraîne. . . la bougie s'éteint. Puisse mon cœur se calmer avec mes sens !