‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 40 sur 64 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

J'ÉTAIS fort embarrassé, quand j'ai conçu fidée de cet ouvrage. Comment faire, pensais-je, pour plaire à tout le monde? Si je suis raisonnable, on dira que je suis froid; si je me permets de m'égayer, selon ma bonne ou ma mauvaise habitude , la Quotidienne est là. C'est un bien pauvre journal que cette Quotidienne ! beaucoup de monde le dit, mais enfin,

Quoi qu'on en puisse dire , Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire.

Et puis ce journal est toujours farci de grands mots déplacés, que personne n'entend, ni le journaliste non plus; cela impose. Par exemple, parler du jansénisme à propos du Garçon sans XX. 1 3

souci (i), c'est annoncer qu'on est prêt d'expliquer ce que c'est que la grâce qui siiffit ou ne suffit pas. Je félicite le rédacteur de cet article sur ses connaissances d'en -haut. Mais, à propos de cette grace-là, je lui conseille de commencer par en mettre un peu dans ses écrits, et jusquelà, je dirai et répéterai sans cesse, que monsieur le rédacteur n'est pas un fin Merle.

J'étais donc très-embarrassé, ainsi que je viens de vous le dire. Mais, un peu sans souci moimême, j'ai bientôt pris mon parti, et j'ai résolu de laisser courir ma plume au hasard, et d'aller droit devant moi, comme j'ai coutume de le faire. Je ne peux d'ailleurs me dispenser d'écrire, car, dans mon dernier ouvrage , je n'ai pas dit adieu au lecteur, mais un simple au re\>oir. Ceci entraîne nécessairement l'obligation de rentrer dans une carrière, que je parcourais plus lestement autrefois, mais à laquelle je tiens encore, et je m'y laisse assez facilement entraîner par maître Jean- Nicolas Barba.

Je vais donc vous faire un Officieux ou des

(i) Si, pour vos menus plaisirs, vous conservez des absurdités, voyez, an 1817, le n° !i85 de la lamentable Quotidienne.

l'officieux. 195 Présens de noces. Je ne sais si je vous amuserai , mais je vous assure que je ferai pour y parvenir.,. r impossible.

Vous me demanderez peut-être pourquoi ce double titre. Je vous avoue, bien franchement, que je ne sais pas encore comment je remplirai le second. Mais j'ai, pour le mettre, des raisons qu'il vous importe peu de savoir. D'ailleurs, si vous êtes curieux de les connaître, je vous promets que les journalistes, qui devinent tout, à peu près ^ ne vous les laisseront pas ignorer.

Je prends congé de vous à regret, mon cher Lecteur, ou mon aimable Lectrice; mais, c'est pour m'occuper de ce que je vais vous dire, et vous ne pouvez me savoir mauvais gré du motif.

l'oîfficieux.

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