SCÈNE VIL îi
LE MARÉGBJLL-DES-LOGIS
Parle donc , puisque la rage de parler te tient.
GEHTRUDE.
Nous ne sommes ici que d'hier , et cet homme, que tu prônes tant , fait déjà sa cour à son hôtesse.
LE MARJÉGHAL-DES-LOGIS
C'est une misère.
GERTRUDK.
C'est une infamie!
LE MA.REGHA L-DES-LOGIS
Son hôtesse est veuve ; il lui doit des consolations»
GERTRUDE
Je ne la crois pas inconsolable.
LE MARÉCHAL-DES-LOGIS
* Elle a raison : le chagrin n'est bon à rien.
GERTRUDE
Ton colonel se conduit comme le roi David ; mais patience ! patience !
LE MARÉCHAL-DES-LOGIS
Le roi David?
GERTRUDE
Oui , qui aimait mieux sa voisine que sa femme.
LE MARÉCHAL-DES-LOGIS
Le roi David avait tort, n'est-ce pas, Gertrude?
Aussi, pour le châtier, le ciel fit mourir de la peste la moitié de ses sujets.
LE MARÉCHAL-DES-LOGIS
Pour châtier le roi , le ciel tua la moitié, de son peuple ?
ii34 LES DRA.GONS EN CANTONNEMENT.
GERTRUDÉ. \
Oui, mon mari.
LE M A.RiCMAL-DES-LOGlS.
Le ciel était en ribotte ce jour-là.
• GERTRUDE, Ini metunt la main sur la bdnche.
Oh! Jésus, Maria, Joseph! la religion nous défend....
LE MARÉGHAL-DES-LOGIS
Laissons cela : revenons à nos affaires. ^
GERTRUi)E.
Revenons à la veuVe.
LE MARléGHAL-DES-LOGIS.
A nos affaires , te dis-je.
GERTRUDE
Nous sommes logéâ\ ma cuisine est en train, et tout est dit; mais, celte femme....
LE M AR1Ê CH AL - DKS-LOGIS
Cela ne te regarde pas , ni moi non plus.
GERTRUDE
Elle est belle.
LE MARÉCH AL-DES-LOGIS
Il n'y a pas de mal à cela.
GERTRUDE
Non; mais elle est tendre.
LE MARÉCHAL-EIES-LOGIS
Ce n'est pas sa faute.
GERTRUDE
Ce n'est pas sa faute? Que dirais-tu, si notre hôte m'en contait, et que je le laissasse dire?