‹ Œuvres complètesChapitre 200 sur 414 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

MOITTBBUir.

Je le fais voyager; je Veux qu'il paraisse a\'ec éclat dans les cours étrangères. Je me flatte que l'habitude de voir sans cesse des objets nouveaux, que raceueil qu'il recevra partout , lui oteront enfin cette elLoesH sive défiance de lui-même, qui le rendaient l'objet des plaisanteries des jeunes gens de son âge , et même de nos jolies dames.

JUSTIITE.

Je sais cela, monsieur.

MONTBRUir.

Voici ce que vous ne savez pas. Dans une cdur d'Allemagne, oîi régnent tous lès plaisirs, Lussaii^ rencontre un malheureux philosophe qui«...

JUSTINE

Un philosophe à la cour!

MOKTBRUir.

Oui, mademoiselle, un philosophe, qui s'emparô de l'esprit de mon neveu, qui en fait un original , et, après trois ans de voyages, au lieu de l'homme aimable que j'attendais , je reçois une espèce de docteur, triste, maussade , et qu'il faut contredire pour le faire parler. -i j

JUSTINE. '

J'avoue qu'il y a du vrai dans ceci. *?

MONTBRUir.

Je crois que ma nièce me dédommagera de la ta-, citumité de son cousin. Hé bien , la femme la plus in* téressante....

29a LES MEMNON FRANÇAIS.

JUSTTINE.

Qui portait partout l'aimable gaîté...^

MONTBRUN

Dont les grâces faisaient le charme des cercles les plus brillants...

JUSTINE

Au-devant de qui volaient tous les cœurs....

MOITTBRUN.

Se laisse entraîner par Lussan. Elle s'avise aussi de cultiver la philosophie. Ils passent les jours dans une retraite presque absolue, et je suis seul dans ma maison ! Et ils me condamnent à vivre , à vieillir tristement! Et tu dis. qu'ils m'aiment. Cela n'est pas. Non, cela n'est pas»

JUSTINE

Tenez, monsieur, les extrêmes ne durent pas. Vos jeunes gens se fatigueront de la rigidité de leurs principes; ils reviendront à vous, ne s'occuperont que de vous, et vous regretterez de les avoir jugés aussi sévèrement.

HÏONTBRUN.

Que leur demandé-je? De consentir à me rendre heureux de leur propre félicité. J'ai réuni sur eux toutes mes affections ; je veux leur laisser ma fortune. Je comptais dédommager Adèle de la. perte d'un mari qu'elle aimait; donner à Lussan une épouse accomplie, et l'amour de la sagesse bouleverse leur cerveau. IjC bel amour vraiment! Monsieur ne veut pas de femme; madame ne veut pas d'homme. Que diable

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