‹ Œuvres complètes, précédées d'une étude inéditeChapitre 55 sur 72 · APOLOGIE DE M. LE PRINCE DE MARSILLAC · texte numérisé non relu

APOLOGIE DE M. LE PRINCE DE MARSILLAC

volonté et de sa mauvaise foi toutes les convictions que j*avai$ jugées nécessaires pour le contraindre d'approuver lui-même le ressentiment que je devais avoir de Tune et de l'autre.

Cependant il se trouve qu'il parle de moi comme s* il m'avait tiré de dessus Técliafaud pour me mettre dessus le trône, et que je ne me fusse souvenu de la grandeur et de la gloire où sa protection m* avait élevé que pour l'accabler des misères et des infamies dont cette même protection m'aurait garanti. Si ce procédé-là est d'un homme d'honneur ou d'un homme qui s'est trop bien trouvé de ne l'être pas pour en vouloir jamais faire profession, j'en laisse le jugement à celui qui aura pris la peine de voir ce discours. Je n'y ai rien oublié volontairement de toutes les offenses qui ont dû m'animer contre lui. S'il veut pourtant me faire souvenir de quelqu'une que j'aie omise, je lui promets de l'avouer de bonne foi, et je ne lui nierai pas même que je n'aie bien cm que celui qui aimait mieux découvrir sa propre vergogne que de manquer à me rendre ses mauvais offices, ne me les a pas épargnés quand il a eu lieu de m'en faire, sans que j'eusse lieu de les lui imputer. Mais quel avantage peut-il prendre des injures que j'ai reçues de lui? Quelle jurisprudence lui apprend qu'un crime se met à couvert par un autre crime, et qu'un homme dût être absous d'un assassinat s'il ne l'avait commis que devant des témoins à chacun desquels il pour* rait prouver d'avoir fait d'autres violences? Je sais bien que si l'outrage reçu a été suivi d'un ressentiment que les lois défendent, elles ne veulent pas que la justice écoule le témoignage de celui qui n'a pris d'autres voies que les siennes pour se venger. Mais tant s'en faut que ma vengeance tombe dans cette espèce-là, que je me suis armé pour la justice avant que la justice songeât particulièrement à s'armer pour moi; que, de quelque juste douleur que je fusse touché, c'est la douleur publique qui a tiré de ma bouche les premières plaintes, et qu'enfin il a fallu que le cardinal ait été déclaré ennemi de l'Etat avant que je me sois déclaré le sien.

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