‹ Œuvres complètes, précédées d'une étude inéditeChapitre 57 sur 72 · A MONSIEUR DE CHA VIGNY · texte numérisé non relu

A MONSIEUR DE CHA VIGNY

Monsieur,

C'est avec un des plus sensibles déplaisirs du monde que je suis contraint de partir de ce pays-là , sans avoir l'honneur de vous voir, comme je l'avais espéré. Mais étant sur le point de vous aller rendre mes devoirs, j'ai appris la distribution qu'on a faite de tous les tabourets dont vous avez entendu parler; et comme je n'ai aucune part à cette grâcelà , quoiqu'on eût eu agréable de me la promettre positi\-ement 9i par préférence à qui que ce soit, je suis obligé d'aller à Paris pour voir si on me refusera aussi librement dans cette conjoncture qu'on a faite après tant de promesses.

Je ne vous dis point qu'en quelque lieu et en quelque état que je sois, rien n'empêchera jamais les seutiments de reconnaissance et d'estime que j'aurai toute ma vie pour vous, et je les dois conser>'er par trop de raisons pour y manquer jamais. Je me persuade que j'ai assez Thonneur d'être connu de vous, pour croire que vous ne pouvez douter de

cette vérité, et que je ne sois plus véritablement que personne du monde,

Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

Marsillag.

A Poitiers, ce 7 décembre *.

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