‹ Œuvres complètes; précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvrages et accompagnées des notes de Voltaire, Morellet, Fortia, Suaro (volume 2)Chapitre 40 sur 50 · UKFLKXÎONS · texte numérisé non relu

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gligc de primer encore par les agréuieals , flattés de remplir rintervallc qui sépare les extrémités , et de contenter tous les goûts. Le public , au lieu d'applaudir à l'universalité de leurs talents, a cru qu'ils éta>ent ixicapables de se soutenir dans l'héroïque, et on n'ose les égaler à ces grands hommes qui, soigneux de conserver dans tous leurs écrits un caractère plein de dignité et de noblesse, ])araissent avoir dédaigné de dire tout ce qu'ils ont tu , et a!)andonné aux génies subalternes les talents médiocres.

265. Je n'ôte rien à l'illustre Racine, le plus sage et le plus éloquent des poètes , jiour n'avoir pas traité beaucoup de choses qu'il eût embellies ; content d'avoir montré, dans un seul genre , la richesse et la sublimité de son esprit. Mais je me sens forcé de respecter un génie hardi et fécond , élevé , pénétrant , facile , plein de force ; aussi vif et ingénieux dans les petites choses que vrai et pathétique dans les grandes , toujours clair , concis et brillant . philosophe et poète illustre au sortir de lenfunce, répandant sur

tous ses écrits l'éclatante et forte lumière de son jugement , instruit dans la fleur de son âge de toutes les connaissances utiles au genre humain , amateur et j uge éclairé de tous les ai'ts , savant à imiter toutes sortes de beautés par la grande étendue de son génie , et maître dans les genres les plus opposés. J'admii'e la vivacité de son esprit , sa délicatesse , son érudition et celte vaste intelligence qui comprend si distinctement tant de faits et d'objets divers. Bien loin de critiquer ses endroits faibles ou ses fautes , je m'étonne qu'ayant osé se montrer sous tant de faces , on ait si peu de choses à lui reprocher.

Ceux qui ne nous proposent que des paladoxcs et des contradictions imaginaires .'^ont les charlatans de la morale.

2^4- Q^^i ^ ^6 P^i's a , dit-on , le moins. Cela fauTc. Le roi d'Espagne, tout puissant qu'il est , ne peut rien à Lucques. Les bornes des talents sont encore plu\ inc'branlables

que celles des Empires , et on usurperait plutôt toute la terre que la moindre vertu. 253. Les chagrins et les joies de la fortune se taisent à la voix de la nature , qui la passe en rigueur comme en bonté.

5gg. La solitude est à l'esprit ce que la diète est au corps , mortelle lorsqu'elle est trop longue , quoique nécessaire.

Il y a peu de situations désespérées pour un esprit ferme qui combat à force inégale, mais avec courage , la nécessité.

SgS. Nous sied-il de braver la mort, nous qu'on voit inquiets et tremblants pour les plus petits intérêts ?

Nous louons souvent les hommes de leur

faiblesse , et nous les blâmons de leur force.

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