SUR LE C A U A C T K R F
amcs fortes , l'intcrôt , le temps et la crainte l'aient enfin persuadé aux autres hommes ; qu'ils aient cru l'impossibilité des antipodes , ou telle autre opinion que l'on reçoit sans examen , et qu'on n'a pas même les moyens d'examiner , cela ne m'étonne en aucune manière. Mais que tous les jours , sur les choses qui nous sont les plus familières et que nous avons le plus examinées , nous prenions cependant le change de tant de manières ; que nous ne puissions même avoir une heure de conversation sans nous tromper ou nous contredire , voilà à quoi je reconnais la petitesse de l'esprit humain.
Je cherche quelquefois parmi le peuple l'image de ces mœurs sans politesse , qui nous surprennent aussi beaucoup dans les Anciens. J'écoute ces hommes grossiers; je vois qu'ils s'entretiennent de choses communes , qu'ils n'ont point de principes réfléchis , que leur esprit est véritablement barbare comme celui des premiers hommes, c'est-à-dire , lout-à-fait inculte. Mais je ne ti'ouvc pas que leur grossièreté leur fasse fafrc de plus faux raisoniiemenls qu'aux