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les vains plaisirs de rhomnie , il le place entre l'abîme du uéanl et l'espérance d'une éternelle vie. Au sein de sa religieuse solitude, loin du spectacle du monde, dont les souvenirs ne lui rappelaient que l'infortune et la persécution , cette amc ardente et vertueuse retrempait dans le silence sa haine contre le genre humain , et s'élevant audessus de la terre dans la hauteur de ses pensées , n'eu descendait jauiais avec l'accent aficctueux de l'indulgence , pour consoler la faiblesse , mais avec la voix terrible d'une \crilé austère pour l'épouvanter. La morale de Pascal attriste , parce qu'elle n'est que le tableau (idèle des misères humaines , et Ion sait que les honunes se dirigent bien moins d'après les jugements de leiu' esprit , qu'ils n'obéissent aux affections de leur ame. L'espèce humaine calomniée attendait un défenseur , et Yauvenargues ])araît pour la justifier. Tandis que la voix de la plupart des philosophes trompés par leur sentiment, égarés par leur indignation , à l'aspect de l'homme dépravé par ses institutions , s'élève contre In nature et l'accuse en s'écriant :
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II n'y a pas de vertu ! Vauvenargues descend dans le cœur de riioninie , il reconnaît à travers toute sa perversité les traces d'une primitive excellence et d'un noble instinct yers le bien , que les erreurs de la raison en délire ' et des passions aveugles peuvent altérer souvent , mais ne peuvent jamais entièrement effacer , et il s'écrie : La vertu existe ^ !
Vauvenargues , dans ï Introduction à la connaissance de l'Esprit Imniain , et dans ses Maximes , s'attache toujours à rappeler à l'homme son origine céleste et sa noble destination ; il relève sa nature à ses yeux , il cherche à l'agrandir pour lui inspirer une généîeuse confiance en lui-même , et ses accents sont toujours ceux d'une raison affectueuse et éloquente. Ce sentiment d'un tendre amour pour l'humanité , il le reproduit avec une heureuse vaiicté d'expressions ^ , et la réhabilitation de l'espcce hu-
' Vauven. , Max. 3i , tome ii , page G. " Id. , ihid. , Max. 29G , tome 11 , page "^Ç). ' fd. , ibid, JMax. 21g, .îQp, !^i\, 606, etc.,
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maine semble être le but de ses efforts ; mais cependant ce noble désir ne Tégare jamais. Toujours méthodique et profond , il creuse les principes , développe les conséquences , démontre à Thorame ce qu'il doit être , et fournit toujours à la raison des armes puissantes contre les révoltes du cœur.
Dans \ Introduction à la connaissance de l'Esprit humain, la critique sévère reproche à Vauvenargues des erreurs. Cet ouvrage était l'essai de l'auteur , le cadre était trop vaste , et l'on sent que , pour le remplir parfaitement , il fallait une grande maturité desprit , un grand nombre de connaissances, A'auvenargues n'avait étudié l'homme que tel qu'il se montre dans la société. L'/rt- Iroduclion à la connaissance de l'Esprit humain exigeait plus que le talent de l'observation , plus que de la pénétration et de 1 esprit. En Usant cet ouvrage , on reconnaît la faiblesse de l'auteur, qui lutte en vain avec son sujet , et qui tâche de suppléer à l'insuffisance de ses moyens par l'énergie de son ame et l'indépendance de son imagination. Mais on paidonne facilement à l'audace gé-
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néi'euse d'un esprit droit et vigoureux , dont l'allure est libre et fière , et qui , rejetant le joug des jaréjugés , dédaigne les routes ordinaires , et marche à la vérité par des sentiers qu'il s'est tracés lui-même. Réduit à ses propres forces , n'ayant pour guide que son bon sens et la rectitude de son jugement , il doit s'écarter quelquefois du but ; mais ses erreurs même portent l'empreinte de l'originalité , elles sont marquées du sceau de la loyauté et de la franchise. Quand il atteint à la vérité , il la présente d'abord au cœur pour obtenii- la conviction de l'esprit , et c'est par le sentiment qu'il arrive à la persuasion.
C'est surtout dans ses Maximes que hr'ûle le talent de Vauvenargues ; ce sont elles qui l'ont placé à côté de La Rochefoucauld. Là , se développe son ame aimante , et la sévérité de la morale est tempérée par une douce indulgence : la concision, la profondeur et la finesse s'y unissent aux plus nobles mouvements do l'éloquence. Une raison forte et éclairée guide toujours la plume du moraliste , et son style , frappant par l'énergie , intéresse encore par sa candeur : an