LETTRE IV
A M. MENARD DE CHOUZY.
Uu For-l'Évéque, le l" mars 1773.
J'ai l'honneur, monsieur, de vous adresser un mémoire que je désirerais que vous eussiez la bonté de mettre sous les yeux de M. le duc de la Vrillière, après en avoir pris lectuie vous-même. Vous y verrez, monsieur, par l'exposé de ma conduite jour par jour , qu'un homme aussi grièvement outragé n'a jamais montré plus de modération et de sagesse. J'entends crier partout que j'ai des ennemis; je les mets au pire , monsieur, s'ils ne sont pas l?s plus méchants des hommes : et s'ils le sont , qu'ils laissent aller le cours de la justice ; on ne me fera nulle grâce. Je passe ma vie au sein de ma famille trèsnouibreuse, dont je suis le père et le soutien. Je me délasse des affaires avec les belles-lettres, la belle musique , et quelquefois les belles femmes. J'ai reçu de la nature un esprit gai, qui m'a souvent consolé de l'injustice des honunes ; à la vérité , les contradictions perpétuelles d'une vie fort traversée ont peutêtre donné un peu de raideur à mou âme , qui n'est
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