INTRODUCTION
Les trois récits que contient ce volume ont été réunis par Mérimée lui-même. Le recueil porte la date de 1846 : il parut en 1847, dans la semaine du 24 au 29 mai'. Auparavant, avaient été insérés : Arsène Guillot"^, dans la Revue des Deux Mondes, le 15 mars 1844; Carmen, dans la même revue, le l*^"" octobre 1845; l'Abbé Aubain, dans le Constitutionnel, le 24 février 1846.
Quelle raison eut l'auteur d'en faire un ensemble? Il n'en a rien dit, que nous sachions. Si l'on veut leur trouver un caractère commun, il est facile de remarquer qu'ils ont tous trois l'amour pour ressort — ce qui les distingue à première vue de nouvelles comme l'Enlèvement de la Redoute ou Mateo Falcone; qu'ils nous présentent en quelque sorte trois visages différents de l'amour; qu'entre l'amour instinctif, exclusif, violent, dont la chaude haleine brûle les pages de Carmen, et le pâle roman qu'imagine en son désœuvrement la « lionne » exilée de l'Abbé Aubain — antithèse qu'eût appréciée Henri Beyle — la tendresse passionnée, mais quasi édi-