‹ [Œuvres complètes] (volume 2)Chapitre 12 sur 79 · II INTRODUCTION · texte numérisé non relu

II INTRODUCTION

fiante, d'une courtisane fait assez bien, dans Arsène Guillot, la transition'. Le plus sûr, cependant, et le plus simple est de se dire que, les trois récits se trouvant à peu près contemporains et nulle disparate essentielle n'empêchant leur voisinage , Mérimée les a recueillis parce qu'ils lui paraissaient offrir la matière d'un recueil, et qu'à plus attendre il risquait d'attendre trop.

Il est notable, en effet, qu'après 1847, et jusqu'à Lokis et la Chambre bleue, Mérimée renonce à la littérature d'imagination, sauf comme traducteur de Gogol, Pouchkine et Tourgueniev. Entre la publication de Colomba dans la Revue des Deux Mondes^ et celle à! Arsène Guillot, il y a déjà près de quatre ans. L'intervalle est rempli par des articles, rapports ou comptes -rendus d'archéologie et d'architecture, et par les deux volumes des Eludes sur l'/iistoire romaine : la Guerre sociale et la Conjuration de Catilina. La publication de Carmen s'encadre entre un article à la Revue archéologique, de mai 1845, sur le sens du mot Signa inferre, et une brochure* intitulée l'Eglise de Saint-Savin et ses peintures murales (décembre 1845). Une semaine exactement avant r.4è^e Aubain, il fait paraître, dans le même Constitutionnel, une étude sur l'Histoire de la poésie provençale, par M. Fauriel, et, deux mois plus tard, dans la Revue archéologique, une Notice sur un tombeau du moi/en âge, au Musée de Niort (avril 1846). On voit quelle est à cette date l'activité intellectuelle de Mérimée et le tour sérieux qu'elle prend. Les trois nouvelles de 1844-1846 ne figurent plus dans la suite de ses occupations qu'à titre exceptionnel et, pour ainsi dire, récréatif.

1. L. de Wailly indique avec vraisemblance comment ces trois nouvelles se font suite. Voy. Comptes-rendus.

Page 1