‹ [Œuvres complètes] (volume 2)Chapitre 14 sur 79 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

manuscrite — c'était Arsène Giiillot — chez la spirituelle M™* de Boigne, où trônait le chancelier Pasquier. Une autre amie de Mérimée, M*"^ de X.', fut invitée à la petite fête littéraire, mais, puisque la cérémonie n'eut pas lieu chez elle, elle n'y parut pas. Elle dit pourtant qu'elle trouvait étrange « que M. Mérimée fît des femmes du « monde juges de la gravelure de ses ouvrages ». Il voulait entrer à l'Académie et, certes, il en était digne; mais il avait tort de vouloir « la réformer et la bouleverser ». Rien ne pouvait faire plus de tort au candidat, d'autant plus que cette dame, pour les raisons indiquées plus haut, « avait trois académiciens dans sa manche ». Mérimée éprouve ou affecte une fureur plaisante. Gomment tire-t-on une vengeance éclatante d'une femme qui nous a fait un tour épouvantable? Là-dessus, il consulte son amie (lettre à la comtesse de Montijo, du 3 février 1844). Elle répond comme on pense, en se moquant de lui et en lui conseillant la patience. La réponse le trouve déjà calmé. Il s'est rappelé un proverbe qu'il a appris en Turquie : « Jette du pain aux chiens qui veulent te « mordre ». Peut-être le proverbe s'applique-t-il très mal à M""' de X. qui n'a plus de dents. N'importe. On ne se venge pas des femmes. Et puis, c'étaient des propos de salon, grossis par la méchanceté; Mérimée et sa vieille protectrice redeviennent les meilleurs amis du monde. L'élection met fin à ces intrigues, à ces colères, à ces nervosités. Il est nommé « triomphalement » par vingt-cinq voix contre onze données à M. Ternaux. Le lendemain, vingt-sept académiciens déclarent lui avoir donné leur

1. Cette initiale désigne-t-elle M"* de Xifré, dont il est question dans les lettres à M"° de Montijo? Ce n'est pas certain.

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