INTRODUCTION V
suffrage, sur quoi il remarque : « Notre-Seigneur Jésus- « Christ trouva un traître parmi les douze apôtres; je suis « bien mieux partagé que lui, puisque je n'en trouve que « deux sur vingt-sept » (lettre à la comtesse de Montijo, du 15 mars 1844).
Ces dernières lignes nous paraissent quelque peu étranges. Nous nous expliquons mal la présence, en cette compétition, de M. Ternaux, et ces vingt-sept voix, ou ces vingt-cinq, données à Prosper Mérimée. En réalité, son élection fut beaucoup moins triomphale. On n'en connaît guère de plus laborieuse. Il avait pour concurrents, non plus Mortimer Ternaux, mais bien Casimir Bonjour, Vatout, Aimé Martin, Onésime Leroy, Emile Deschamps et Vigny. Il fallut sept tours de scrutin avant de le proclamer élu. Ils lui donnèrent successivement 10, 11, 13, 14, 17, 18 et 19 voix. On pourrait croire qu'il avait affaire à forte partie dans la personne de Vigny et de Deschamps. Mais point : Deschamps fut éliminé dès le second tour, après avoir obtenu deux voix au premier. Vigny se maintint jusqu'au dernier, sans obtenir mieux que cinq voix, au cinquième; le principal concurrent de Mérimée fut Casimir Bonjour, conservateur de la bibliothèque Sainte-Geneviève et auteur de comédies qu'on ne lit plus. Au quatrième tour, il avait quinze voix, une de plus que Mérimée.
Outre les- lettres que fut admis à consulter Augustin Filon ^, nous avons, dans les correspondances avec l'In-
1. Parmi ces documents nouveaux signalons une lettre du 23 mars 1844, sur le scandale provoqué par Arsène Guillot et la crise de catholicisme qui sévit à Paris {Inédit) ; une autre du 6 avril 1844, où il demande à M"" de Montijo son avis sur Arsène Guillot {id.); une autre du 19 avril, où nous lisons : « Je suis