INTRODUCTION VII
m'ont nommé n'ont voté pour moi que dans l'espoir que l'élection serait ajournée et pour empêcher mes compétiteurs d'entrer. Parmi les autres, il y en a plus d'un qui se repent de m'avoir donné sa voix, particulièrement les gens dévots et moraux qui viennent de lire Arsène Guillot, nouvelle de votre serviteur qui excite l'indignation générale. On est devenu tellement cagot à Paris qu'à moins de se faire illuminé, jésuite et j. f. , il est impossible de ne pas passer pour athée et scélérat. Je persiste à trouver qu'il n'y a pas de quoi fouetter un chat dans ma nouvelle et pourtant les bonnes dames crient au scandale, ouvrant des yeux et des bouches comme des portes cochères. Dites-moi ce que vous en pensez. »
Enfin, dans une lettre adressée à un correspondant inconnu,, Mérimée s'exprime en termes à peu près identiques :
« Mon cher ami,
« Je vous remercie bien de votre aimable lettre et de l'intérêt que vous avez pris à mon affaire (son élection à l'Académie). C'est un quine superbe, d'autant plus que la moitié de ceux qui ont voté pour moi se repent de m'avoir nommé. L'autre moitié ne savait peut-être pas ce qu'elle faisait. En outre, on me dit que je viens de causer un scandale énorme par une fille mienne qui vient de se produire sous le nom d'Arsène Guillot dans la Revue des Deux Mondes. Il résulte de son apparition que je suis athée, scélérat, non jésuite, etc., et qu'il est singulier qu'on ne m'ait pas arrêté dans la rue de Lourcine. Si vous prenez la peine de lire cette bagatelle, je vous