VIII INTRODUCTION
serai obligé de me dire si vous vous êtes senti compris d'horreur, comme M. Furia, à la vue de la tache d'encre.
Cette « indignation générale » et la mauvaise humeur de Mérimée à l'égard de l'Académie nous sont confirmées en ces termes par Augustin Filon, après lecture d'une lettre à la comtesse de Montijo :
« Ce même lendemain, 15 mars, Arsène Guillot paraissait dans la Revue des Deux Mondes, et de bruyants repentirs éclataient dans les rangs des vingt-cinq, devenus miraculeusement vingt-sept, et qui eussent été vingt-trois au plus si Arsène Guillot avait vu le jour quelques heures plus tôt. En effet, M. Mole et M. de Salvandy exprimèrent très hautement leur regret. Je ne reproduirai pas les termes peu flatteurs dans lesquels Mérimée caractérise ce changement de front de l'auteur d'^/onso^ : il écrivait pendant les vingt-quatre heures où l'on a le droit de maudire ses juges. »
Les académiciens ne sont plus aussi sévères que feu M. de Salvandy et feu M. Mole. Cette sévérité nous étonnera moins que Mérimée lui-même (mais ne joue-t-il pas un peu l'étonnement?), si nous songeons que, treize ans plus tard, en pleine « orgie impériale », Madame Bovary et les Fleurs du mal étaient déférées, pour immoralité, aux tribunaux. A cet égard, la réputation à! Arsène
1. Mémoires de la Société des sciences morales, des leilres et des arts de Seine-et-Oise . t. XIX, p. 134-135. Versailles, 1895. La lettre porte l'en-tête du ministère de l'Intérieur et est datée Paris, le...