‹ [Œuvres complètes] (volume 2)Chapitre 2 sur 79 · A PROPOS DE CARMEN III · texte numérisé non relu

A PROPOS DE CARMEN III

vantage que la plupart des gens qui unissent à une imagination violente le sens du dérisoire et le bon août d'une certaine raison. Ces dosages sont savoureu.r. On me raconte l'anecdote souvent citée depuis Sainte-Beuve : l'enfant Prosper pleurant et gémissant pour s'ewcuser d'une légère faute, si drôle en son dramatique que sa mère en rit. Très vexé, froissé, furieux, il déclare qu'il sera désormais de glace. Certes, je crois à la profonde influence de certains l'éflexes chez l'enfant. Mais, à cinq ans, se promettre un tel serment et le tenir jusqu'à la mort:* Je me permets de n'en rien croire.

Cette mère rieuse fut un peintre agréable et sa mère à elle, aïeule de Prosper, était cette M""^ Leprince de Beaumont qui écrivit un de nos plus jolis et célèbres contes de fées. La Belle et la Bête tient fort gracieusement sa place auprès des chefs-d'œuvre de Perrault et de M"^^ d'Aulnoy. La grand' mère écrivait des contes de fées; le petit- fils écrivit des contes défaits. Exemple assez frappant de cet atavisme : tout le début rfe Carmen, divisé pour réunir ensuite les héros de la fable, pourrait être celui d'un récit des Mille et une Nuits.

Rien de plus réussi que ce début. Trait de maître de nous présenter d'abord Don José, personnage banal et conventionnel, mais mystérieux et attirant, parce qu'il est tout imprégné des sortilèges de Carmen, et que cela, dès l abord, nous le pressentons, le

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