‹ [Œuvres complètes] (volume 2)Chapitre 20 sur 79 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

libéral et bourgeois, c'est sous Charles X, au temps du sacre, qu'il la situe, avec quelque insistance, puisque après avoir, dès les premières lignes, fait mention de « cette époque » comme d'une époque assez lointaine, il tient à préciser, plus loin, par une allusion appuyée à l'amiral de Rigny et à la campagne de Grèce, que nous sommes aux environs de 1826 ou 1827. Détail singulier, le nom de Piennes, qu'il donne à sa dévote mondaine, était réellement porté. Il y eut un duc de Piennes et d'Aumont qui fut fait pair de France et lieutenant général en 1815. Un marquis de Piennes fut parmi les habitués de la cour de Napoléon III, où Mérimée a pu le rencontrer. Il ne semble pas que cette coïncidence ait entraîné pour lui le moindre inconvénient.

A quelle circonstance, à quelle expérience, à quel faitdivers Mérimée doit-il d'avoir imaginé Arsène Guillot? Serait-il hasardeux de prétendre qu'il l'a rencontrée dans les coulisses de l'Opéra, entre 1830 et 1835, alors qu'il menait une vie de vaurien? Vers cette époque, il ne fait pas mystère de ses frasques à Jenny Dacquin et il lui dit un jour : « Je veux vous conter une histoire d'Opéra que j'ai apprise dans cette société si perverse (il a été à un bal de figurantes). Dans une maison de la rue Saint-Honoré, il y avait une pauvre femme qui ne sortait jamais d'une petite chambre sous les toits, qu'elle louait moyennant trois francs par mois. Elle avait une fille de douze ans toujours très bien tenue, très réservée et qui ne parlait à personne. Cette petite sortait trois fois la semaine dans l'après-midi et rentrait seule à minuit. On sut qu'elle était figurante à l'Opéra. Un jour, elle descend chez le portier et demande une chandelle allumée. On la lui

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