‹ [Œuvres complètes] (volume 2)Chapitre 22 sur 79 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

Nous sommes mieux renseignés sur la genèse de Carmen^. Nous avons même failli l'être trop. On trouvera dans V Intermédiaire des chercheurs et des curieux, au tome LVI, le détail de la romanesque identification présentée en 1907 au public, par la voie de quelques journaux. Le 30 septembre et le 20 octobre 1903, la question était posée dans l'Intermédiaire : « Y a-t-il une héroïne vraie derrière Carmen? » M. Labande, successeur de Requien à la direction du Musée Galvet, en Avignon, répondit que les lettres de Mérimée à Requien étaient muettes sur ce point ^. Quatre ans plus tard, on apprenait que Carmen avait véritablement existé; que « la tribu de gitanes à laquelle elle appartenait s'appelait Nadushka »; que, de son vrai nom, « elle se nommait Ar Mintz, d'où Carmen », ce qui signifie, en langue bohémienne, « la Tigresse ou indomptable » ; que sa tribu campait aux environs de Gibraltar, « vivant de contrebande » ; qu'elle s'unit très jeune au gitano Yaleo (Garcia le Borgne), qui fut tué par des douaniers; qu'elle devint ensuite la compagne de don José Navarro, alias Issar Abgoa, « c'est-à-dire l'étranger qui porte malheur », triste personnage qu'une vilaine histoire avait conduit à s'engager dans la cavalerie, soldat « querelleur et brutal », puis contrebandier et compagnon « autoritaire et jaloux » d'Ar Mintz Nadushka. Ar Mintz serait restée aussi longtemps que possible fidèle à cet indigne. Mais,

1. Cf. Trahard, la Jeunesse de P. Mérimée, t. Il, p. 179-211.

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