‹ [Œuvres complètes] (volume 2)Chapitre 24 sur 79 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

incrédules. La personne même des intéressés est restée dans une ombre propice. Et, si Mérimée n'avait été enterré trente-sept ans plus tôt, s'il y eût eu plus de sel dans ces déclarations et ces récits, on aurait pu les croire sortis de la même plume qui s'était amusée autrefois à signer Clara Gazul ou Maglanovitch.

Nous le savons d'ailleurs, c'est à la comtesse de Montijo, mère de l'impératrice Eugénie, que Mérimée a dû le sujet de Carmen. Nous le savons par Augustin Filon, dont le témoignage, pour la raison donnée plus haut, fait autorité. « Elle avait servi de guide à Mérimée lors de son premier voyage; elle l'avait initié aux « choses d'Es- « pagne ' . » Elle lui raconta plus tard l'anecdote dont il fît Carmen. » Plus tard : est-ce bien ce qu'a voulu dire Augustin Filon? Ou, s'il l'a dit, n'est-ce point par inadvertance? Le comte et la comtesse de Teba, devenus comte et comtesse de Montijo par la mort de leur frère et beau-frère don Eugenio, font des séjours à Paris à partir de 1834. Mérimée les y retrouve. Il retourne luimême en Espagne, à Madrid, en 1840. Mais, le 16 mai 1845, il écrivait à la comtesse : «

« Je viens de passer huit jours enfermé à écrire une histoire que vous m'avez racontée il y a quinze ans et que je crains fort d'avoir gâtée. Il s'agissait d'un Jacque [sic] de Malaga, qui avait tué sa maîtresse, laquelle se consacrait exclusivement au public. Après Arsène Guillot, je n'ai rien trouvé de plus moral à offrir à nos belles dames. Gomme j'étudie les Bohémiens depuis quelque temps avec

1. Il y revient dans ses Souvenirs sur l'impératrice Eugénie : « Elle aidait le célèbre écrivain dans ses recherches philologiques ou archéologiques, ou lui fournissait des sujets de romans », p. 11.

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