INTRODUCTION XXV
et aux gens que vous voyez. Il me semble que vous employez le temps à autre chose qu'à faire le kief, et je ne doute pas que vous ne nous rapportiez un livre intéressant. Je vous remercie beaucoup des détails que vous me donnez sur les Kourbats et les Ghadjars. Je crois avec vous que les premiers n'ont rien de commun avec nos Bohémiens d'Europe. Dans le petit vocabulaire que vous avez recueilli en Egypte, je ne vois qu'un mot qui offre quelque analogie avec un mot bohémien, c'est :;0Mè7, âne. Les gitanos espagnols disent gel. Il n'y a rien d'extraordinaire dans le changement d'un z en g guttural. Au contraire, la liste des mots des Ghadjars offre la plus grande analogie avec leurs correspondants dans le dialecte espagnol. Le nom de la nation ghadjar est remarquable. Je crois que c'est le même que gatche, les gens. Vous observerez que les Bohémiens d'Espagne s'appellent entre eux Rome., les hommes. Nos Bohémiens français désignent leur tribu par cette expression : le petit ménage. Dyavirr, femme, m'a d'abord un peu embarrassé. Je crois que c'est le même mot que tchaborri, fille. Kohrân, cheval, me paraît avoir la même racine que g'Va (nos voleurs disent gré, gris). Quant aux formes de la conjugaison, je n'y comprends rien du tout. Il parait qu'ils se servent d'un auxiliaire qui m'est inconnu. Avezvous recherché si les mots des korbats d'Egypte ne seraient pas un argot arabe ou s'ils appartiennent à une langue particulière qui va disparaître' ? »
Dans une troisième lettre, en date du 7 septembre 1856, il écrit :
« J'ai lu et relu votre petit vocabulaire des Bohémiens 1. P. 728-729.