‹ [Œuvres complètes] (volume 2)Chapitre 37 sur 79 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

de la Perse et, par la peine que j'ai eu à recueillir quelques mots de leurs frères d'Espagne, je conçois toute celle que vous a coûté la liste que vous avez bien voulu transcrire pour moi. H y a certainement un rapport assez frappant entre la plupart des mots de vos Bohémiens et ceux des nôtres, et il est surprenant qu'une langue non écrite ne s'altère pas bien davantage parmi des individus placés à une si grande distance les uns des autres. Un mot m'a frappé, c'est lô, vin. Le correspondant du dialecte espagnol est mol, et dans le même dialecte Ion signifie du sel. Je vois par votre vocabulaire que vos gens n'ont pas d'expression pour dire sel. Ils disent \ acre, ce qui pique, etc. Peut-être le mot qui s'applique au vin, /d, a-t-il quelque signification semblable, laquelle pourrait convenir également au sel. Vous me rappelez que Homère donne l'épithète de divines à des choses fort différentes, et il serait possible que, dans leur pauvreté, vos Bohémiens, par un procédé analogue, eussent fait des substantifs avec des adjectifs. Nos voleurs en usent de même : la toquante pour la montre, le luisant pour le soleil, etc.

« Vous ne me parlez pas des traits physiques de cette race. Se distingue-t-elle des autres par une couleur plus foncée, par l'obliquité des yeux, la saillie des pommettes, etc.? Je conviens que la couleur n'est pas aisée à distinguer chez des gens qui ne se débarbouillent que rarement ^ »

Ces lettres sont d'une dizaine d'années postérieures à la composition de Carmen. Un mois après l'avoir pu-

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