‹ [Œuvres complètes] (volume 2)Chapitre 38 sur 79 · INTRODUCTION XXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXVII

bliée dans la Revue des Deux Mondes, il écrivait à Jenny Dacquin :

« J'ai trouvé à Perpignan deux Bohémiens superbes qui tondaient des mules. Je leur ai parlé calo, à la grande horreur d'un colonel d'artillerie qui m'accompagnait, et il s'est trouvé que j'étais bien plus fort qu'eux et qu'ils ont rendu à ma science un éclatant témoignage dont je n'ai pas été peu fier (Barcelone, 10 novembre 1845) '. »

Rapprochons de ces lignes les suivantes, adressées de Barcelone également à la comtesse de Montijo, et citées par Augustin Filon- :

« Hier, on est venu m'inviter à une tertulUa^, à l'occasion de l'accouchement d'une gitana. L'événement avait eu lieu depuis deux heures environ. Nous nous trouvâmes environ trente personnes dans une chambre comme celle que j'occupais à Madrid. Il y avait trois guitares et l'on chantait à tue-tête en romani et en catalan. La société se composait de cinq gitanas, dont une assez jolie, et d'autant d'hommes de même race; le reste, Catalans, voleurs, je suppose, ou maquignons, ce qui revient au même. Personne ne parlait l'espagnol et l'on n'entendait guère le mien*. Nous n'échangions nos idées qu'au moyen de quelques mots de bohémien qui plaisaient grandement à l'honorable compagnie. Es de nostres, disait-on... Les chansons, qui m'étaient toutes intelligibles, avaient le

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