INTRODUCTION XXXIII
Marivaux. Borrow rapporte une vieille anecdote, d'après laquelle un jeune homme de bonne famille, s'étant épris à Madrid d'une gitanilla, partit avec elle, se fît gitane pour elle (comme don José pour Carmen), puis, quand il fut reconnu qu'elle était aussi bonne Espagnole que lui, l'épousa en tout bien tout honneur. Très judicieusement, il ajoute :
« Cette histoire n'est ni plus ni moins que le récit de Cervantes, et il est plus raisonnable de supposer qu'elle est venue du récit que de faire venir le récit du prétendu événement. Le rapt d'enfant a été pratiqué à l'occasion par les gypsies, mais toujours en vue d'un gain immédiat. Ils n'enlèvent pas d'enfants pour le plaisir de les élever en gypsies, il leur suffit de leurs propres personnes, et le pain est rare parmi eux. Si ceux d'Espagne parfois ont enlevé des enfants, c'étaient des enfants vendables, et non pas des bébés braillards, mais des garçons et des filles déjà formés, d'un certain âge, destinés non à être portés sur leur dos, pour les dénoncer, mais à être vendus aux Maures de Barbarie... »
Et il condamne ce qu'il y a de conventionnel dans les aventures d'une Préciosa ou d'une Esmeralda, estimant au surplus que la Gipsy Girl (c'est sa traduction de la Gitanilla) est loin d'être la meilleure des petites nouvelles de Cervantes, et faisant résider son principal mérite dans les quelques lignes préliminaires, « d'une vigueur et d'une netteté admirables », sur le caractère larron de la race'.
1. The Zincali, part. I, ch. v, p. 84. Dans une note, Borrow signale, comme d'une vérité exceptionnelle, « les Zigani du célèbre
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