‹ [Œuvres complètes] (volume 2)Chapitre 47 sur 79 · XXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVI INTRODUCTION

s'inspire de Don Quichotte à travers cette troisième lettre, où le nom de Roque Guinart est expressément rappelé. Il se fait, dans la suite du chapitre, un partage de butin conforme aux règles de la justice distributive. Après quoi Roque Guinart parle :

« Le seigneur Don Quichotte doit trouver nouvelle notre manière de vivre, et nouvelles aussi nos aventures, qui sont, en outre, toutes périlleuses. Je ne m'étonne point qu'il en ait cette idée, car réellement, et j'en fais l'aveu, il n'y a point de vie plus inquiète et plus agitée que la nôtre. Ce qui m'y a jeté, ce sont je ne sais quels désirs de vengeance assez puissants pour troubler les cœurs les plus calmes. Je suis, de ma nature, compatissant et bien intentionné; mais, comme je l'ai dit, l'envie de me venger d'un outrage qui m'est fait renverse si bien mes bonnes inclinations que je persévère dans cet état, quoique j'en voie toutes les conséquences. Et, comme un péché en appelle un autre et un abîme un autre abîme, les vengeances se sont enchaînées, de manière que je prends à ma charge non seulement les miennes, mais encore celles d'autrui. Cependant, Dieu permet que, tout en me voyant égaré dans le labyrinthe de mes désordres, je ne perde pas l'espérance d'en sortir et d'arriver au port du salut ' . »

Cette fois, si ce n'est plus José Maria, c'est José Navarro que nous croyons entendre. José Navarro, entraîné au banditisme, comme Roque Guinart, par la vengeance, n'a pas perdu non plus l'espoir de s'amender. Volontiers il se sauverait, dans les deux sens du mot, au Nouveau Monde — avec sa gitane.

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