INTRODUCTION XXXIX
locale : garde montante et garde descendante, propos de soldats, allées et venues de cigarières, séguedilles dans la taverne de Lillas Pastia, défilés de contrebandiers dans la montagne, scènes de fête populaire à la plaza de toros. Le lieutenant amoureux est appelé Zuniga, et le nom de Lucas, insuffisamment espagnol, s'est transformé en Escamillo, comme le picador en espada.
Un drame filmé ne vivant que d'images, la Carmen de M. Feyder en développe beaucoup qui n'étaient qu'indiquées dans la nouvelle et en présente, à l'occasion, d'inédites : combat à la maquila sur la place d'Elizondo, poursuite de José par les gendarmes, opérations d'un sergent recruteur à la terrasse d'une posada, danses de gitanes, et principalement de Carmen, chez le colonel (mais elle ne danse plus, rue du Candilejo, pour José seul, avec des morceaux d'assiette en guise de castagnettes) , duel prolongé chez Lillas Pastia (non dans le taudis, décidément indésirable) entre le lieutenant et José, intérieur du présidio de Tarifa, avec un Garcia très couleur locale dans sa cellule, scène de l'évasion de Garcia (où nous retrouverons le petit pain et la petite lime de la prison sévillane, dans Mérimée), longue scène de bataille entre les contrebandiers et des cavaliers galopant sur les pentes de la sierra, nouveau duel chargé de péripéties entre José et Garcia, rencontre de Carmen et du picador Lucas chez la marchande de frivolités, arènes sanglantes, agonie de Lucas, mort pathétique du Bancaire, chevauchée de José à travers la brousse, avec Carmen en croupe (j'en passe) : tout cela fort adroit (comme en général le livret de Meilhac et Halévy, qui a la musique de Bizet pour le réchaufTer) et assez fidèle en somme, ne répugnant certes pas aux réalités, les for-