‹ [Œuvres complètes] (volume 3)Chapitre 10 sur 25 · INTRODUCTION XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIII

Les publications insignifiantes de la Liberté et de y Éclair, la publication fragmentaire de la Revue des Deux Mondes laissaient donc beaucoup à faire; et comme la correspondance semblait mériter une publication intégrale, j'ai repris le travail à pied d'œuvre. Travail difficile; car si le manuscrit se présente avec une belle ordonnance, cette ordonnance est factice. En eff*et, les lettres, n'étant presque jamais datées, ont été classées au petit bonheur. On a vu par la lettre de R. F. Michel que vingt-neuf d'entre elles avaient été séparées de leurs enveloppes ; ces enveloppes, jointes après coup aux lettres, ne leur correspondent pas toujours : d'où un fouillis de dates presque inextricable. Il a fallu d'abord reclasser toutes les lettres et réviser toutes les dates en s'appuyant la plupart du temps ou sur le timbre de la poste, ou sur le contexte, parfois très vague. Je ne suis pas certain d'avoir toujours réussi, et il subsiste peut-être des erreurs, certainement des obscurités. Pour les dates les plus douteuses, j'ai mis un point d'interrogation; et les lettres dont je n'ai pu retrouver la date, je lésai rejetées à la fin de la correspondance.

Cette correspondance une fois remise à peu près en ordre, il restait à en donner, non plus des fragments, mais l'intégralité. Nous publions donc les cent lettres qui la composent, sans exception, car nous n€ nous sommes pas reconnu le droit d'écarter le billet le plus insignifiant. Et ces cent lettres, par respect pour la pensée, aussi libre soit-elle, de l'écrivain, nous les publions sans

XIV INTUODtlCTION

la nioiiidrt' < onpiirt". < 'n a v\i (Hic la Hc int des Dcu.r Vonilrs av.iit «'•( aiir les passaj^cs trop ('fiulits et les passa^rs trop scahrcux. i'oiir les premiers, il ii existait aucune (lilTiculté à les rétablir : ne sout-ils pas la inarqu<' itièuie (le Mérimée.' Au reste, les lira (pii voudra! l*our les seconds la diliiculté était ré-elle: il fallait, on les supprimer en lotir substituant des Hugues de points, ce qui aurait émaillé fàcliousement le texte de Iduncs assez considéraldes. ou les r(>produir<' en ne laissant, selon une coutume assez enfantine. <pie l'initiale de certains mois dont notre prétendue vertu s'ed'are. Nous nous sommes ralliés au second parti, moins pai' conviction que par respect lin texte. I.à encore, d ailleurs, lira (pii voudra et rou<;ira (pii pourra. Mérimée ne s'adresse pas à des jeunes filles, el il se plaît à heui'ter la morale bourj;eoi<e; on s en est ajieiçn dans les lettres à Stendhal, à Royer-(^ollard et aux Grasset. Or. ni Grasset, ni Hoyer- Collard, ni Stendhal, ni F. Michel, ni beaucoup d'autres, ne déploraient ces excès de plume. Ils savaient, au reste, (|ue .Mérimée en disait plus ((uil n'en faisait, et qu'il ne faut pas toujours prendre ses gauloiseries au pied de la lettre. Fmitons-les, et. toutes précautions prises, ne nous effarons pas de certaines fanfaronnades licencieuses.

I.e lecteur est donc assuré de trouver ici la correspondance intégrale', el d'avoir ainsi la double physionomie d'un Mérimée érndit et grivois. Sur celte double physionomie M. H. Hremond a dit excellement ce qu'il fallait

I. Nous nvoiis rectifiô l'orlliograplic fantuisisle de .M«'riiiu'e, qui écrit pur exemple : calembour^, apprennez, preniiez, attrapper. complette, cigarre, canvasse ou canei>asse ou cannevasie..., etc..

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