Propriété de l'Académie française
VI INTMOnrcTIuN
(•«•dér d'une étudr j^énéralr, (|uc j'ai plaisir à reproduire intégralenienl iri :
Mriinii !• rt l'rnnrisijtie Micllfl.
l'iie suite <rheureu>es reticoulres a mis à ma disposition la très curieuse eorrespondanre (ju'on va lire, (^omnie j'allais sortir du collèi^e, — il y a lon<;temps de rela. — ma honue étoile conduisit dans ma ville natale, et jusque dans 1 intimité île ma fau)ille, un lettré de nianiue, Gustave Mouravit IS'iO-lO'iO . bien connu des vrais bibliophiles. ()ri<;inaire de Bordeaux, où il avait été façonné à l'intellifi^ence. à l'amour du Livre par G. Brunet y»/i/()/-. et aux disciplines de Ihisloire par le destinaire même des lettres (pie nous publions, Francisque Michel, il était veiui tout jeune en Provence, à la recherche de je ne sais plus (juels inédits, et il s'y était fixé. Ksprit délicieux et d une science étonnante, il appartenait à cette école de lettrés, fpii entendaient réconcilier l'érudition et le goût, et qui protestaient doucement contre la critique oratoire, assez à la mode sous Louis- Philippe et sous l'Kmpire, préparant, à leur façon un peu nonchalante, les innovations de Brunctière, et même la révolution lansonieiine ; révolution dangereuse, bienfaisante aussi, et, d ailleurs, nécessaire, comme elles le sont presque toutes.
Par Asselineau. (ju il estimait parliculièren)ent, par Edouard Fournier et quelques autres /;//«<)/-c.«, moins loin de Sainte-Beuve que de Nisard, Gustave Mouravit rejoignait l'exquise tradition de Nodier. Vn rien de fantaisie, voire de frivolité. oh! d'une frivolité mériméenne, — distingue ces criliipies, ces amateurs, de M. Lanson et de ses élèves. Kn somme tout se ramène à lintronisation d'une dixième Muse, la Bibliograpliie ; mais ils la voulaient couronnée de myrte, moins impassible cl impersonnelle (pion ne nous l'impose aujourd hui, et plus souple à reconnaître les droits sacrés de ses nobles