‹ [Œuvres complètes] (volume 4)Chapitre 12 sur 31 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

lorsque VîoIlet-le-l)uc entreprend ses grands ouvrages, Mérinnée lui donne des conseils autorisés. Le ton est affectueux, presque paternel; Mérimée apporte à ses critiques le soin minutieux et le tact que méritent des livres comme le Dictionnaire raisonné de l' architecture française OU les l'Mlrctiens sur l'archileclure^ . Le reproche est toujours fondé, l'éloge ne tourne jamais au dithyrambe : c'est la plus grande marque d'amitié qu'un homme puisse donner à un autre. D'ailleurs Mérimée sait qu'il parle à un maître; ses observations, dit-il, ne sont que des observations de détail, ses notes sont insignifiantes'^... Il n'empêche que sur le Dictionnaire raisonné de l'architecture française et sur le Dictionnaire du mobilier Mérimée a écrit quatre longs articles qui ont la valeur d'un petit volume. Ces articles éclairent si vivement toute une partie de la correspondance — et non la moindre — que je les publie à la lin de ce livre; ils sont indispensables à qui veut suivre les discussions techniques de Mérimée et saisir la portée de sa critique d'art.

Que celle-ci n'aille pas très avant, que, sur le fond des questions, Mérimée se borne à refléter les théories de Viollet-le-Duc, il n'importe. L'essentiel est que ces deux esprits se soient pénétrés. Mérimée et Viollet-le-Duc avaient les mêmes préoccupations, les mêmes goûts, le même idéal; ils ont poursuivi la même œuvre. Ainsi, grâce à eux, nos plus belles églises romanes et gothiques, nos plus riches abbayes ont été sauvées. La lâche quotidienne les rapprocha, et ils se vouèrent une inaltérable amitié.

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