Cf. Ibid., p. VI
INTRODITCTION <I
D'accord, en général, sur les principes — Mérimée soutient Viollet-le-Duc dans la lutte contre l'Académie des Beaux-Arts et il approuve la plupart des théories que Viollet-le-I)uc expose dans ses livres — les deux amis ne le sont pas moins quand il s'agit de passer à la pratique. Le principal attrait de cette cbrrespondance est de montrer l'inspecteur général des monuments historiques et l'architecte s'appliquant, malgré d'innombrables difficultés, à sauver l'église de Vézelay, l'abbatiale de Saulieu, l'Hôtel de Ville et l'église Sainl-Just à Narbonnc, la cité de (]arcassonnc, etc.. Les lettres de Mérimée nous conduisent dans le monde des architectes et des artistes. On noue, ou l'on renoue connaissance avec Vitet, Bœswilhvald, Courmont, Lenormant, Duc, Nieuwerkerke, Romieu, Ernest Chesneau, Constant Dufeu, Henri Révoil, Caristie, Leblanc, Mallay, Denuelle, etc.. II faut ouvrir la Description de In Grèce de Pîiusanias, VAIhuiu de Villard de Honnecourt, beaucoup d'ouvrages techniques que Viollet-le-Duc utilisa pour ses Dictionnaires et pour ses entretiens sur l'arcliitecture ; il faut relire les Notes de voyage de Mérimée et ses correspondances, pour suivre les deux archéologues à travers la France et tirer profit de leur érudite compagnie. A l'étranger les points de comparaison utiles ne manquent pas. En Angleterre, en Autriche, dans le Tyrol, en Italie, Viollet-le-Duc et Mérimée étudient les monuments anciens, les comparent aux nôtres : Salisbury, Inspriick, Venise ont été pour l'un et pour l'autre de vivantes leçons. Gomme tous les hommes qui créent un organisme ou qui élaborent des théories nouvelles, ils ont commis des erreurs, ils sont tombés dans certains excès. L'œuvre archéologique de Mérimée nous semble un peu vieillie, celle de Viollet-le-