‹ [Œuvres complètes] (volume 4)Chapitre 14 sur 31 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

Duc suscite encore des controverses. Il n'en est pas moins vrai qu'en 1840 tout était à pied d'oeuvre : il fallait organiser les services, former un personnel, obtenir des crédits, lutter contre les préjugés locaux, agir vite avec des moyens limités pour sauver des centaines de monuments qui tombaient en ruines. Aujourd'hui la tâche est plus aisée; le service des Monuments historiques est régulièrement constitué; souvent il lui suffit d'entretenir les monuments que de bons architectes sauvèrent grâce à la direction d'un Vitet et d'un Mérimée. On peut excuser les tâtonnements chez ceux qui n'avaient pas les ressources dont nous disposons. La science archéologique a fait de sensibles progrès depuis cent ans; convient-il de retourner cette science contre ceux qui contribuèrent à la former? Vézelay, Saint-Savin, Garcassonne, mis à l'abri de la destruction, valent mieux qu'un bon livre.

En dehors de l'intérêt archéologique, les lettres adressées par Mérimée à Viollet-le-Duc présentent un intérêt humain. Mérimée aime la société, l'étudié, s'applique à la peindre. A dire vrai, cette correspondance ne nous apprend presque rien sur la monarchie de Juillet. Jusqu'en 1852, Mérimée est trop absorbé par ses fonctions d'inspecteur des monuments historiques, il voyage trop souvent en province, il se tient trop à l'écart de la cour de Louis-Philippe pour mener une vie mondaine. Mais, à partir de 1853, il abandonne la lourde succession de Vitet, accepte un siège de sénateur, fréquente les Tuileries moins en courtisan qu'en ami. Désormais, il est attaché aux souverains, il les accompagne à Saint-Cloud, à

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