Les évêques et les archevêques
INTHODUCTION XV
dowa, un malaise général pèse sur l'Europe troublée, mais il n'en discerne point avec netteté les causes, pas plus qu'il ne comprend l'évolution de la politique impériale à l'intérieur. Les fautes du régime lui sautent aux yeux; mais il est trop intéressé au maintien de ce régime pour prévoir une catastrophe. A la veille de la guerre qui va mettre aux prises Français et Allemands, il déclare qu'il ne croit pas à la guerre. Sur ce point, lui, si clairvoyant, manque de clairvoyance. De plus en plus, il se révèle un bourgeois égoïste, ennemi des partis extrêmes; il a peur des rouges, mais il craint davantage les blancs* . lia dictature l'effraye autant que le socialisme. S'il ne prévoit pas la guerre, il annonce la révolution ; il blâme la faiblesse extrême de l'Empereur, la sotte vanité de Tliiers qu'il ne réussit pas à rallier à l'Empire et qui, en fin de compte, lui paraît un faux grand homme. 11 meurt, aigri et désabusé, en plein désastre national, dans la conviction douloureuse que la sottise envahit le monde. Les lettres adressées à Viollet-le-Duc sont, au point de vue des jugements politiques portés par Mérimée, le complément des lettres adressées à Panizzi : le même homme s'y révèle, le même vieillard s'y peint.
Le lecteur ne découvrira donc pas un Mérimée nouveau, mais il verra s'accuser les traits d'une physionomie connue. Toutes ces lettres sont loin d'avoir la même valeur : s'il en est quelques-unes qui paraîtront insignifiantes, c'est parce que M. G. Viollet-le-Duc a voulu respecter l'ensemble*. En revanche, plusieurs lettres pren-