Lalama, écartelé au
1^' d'azur à la tour d'argent. \ Orlé de
2® d'or à la bande d'azur. / gueules à
3« d'argent aux deux loups de sable, i huit sau- 4« de gueules à la fleur de lis d'or. / toirs d'or.
5. Ghaves, de gueules à cinq clefs d'argent aux gardes affrontées, orlé d'argent aux sautoirs de gueules.
6. Teba, écartelé en sautoirs d'argent chargé de cinq hermines, 2, 1 et 2 et d'azur à la chaudière échiquetée d'or et de gueules, avec des cols et des têtes de serpents d'or aux anses.
7. Leiva, écartelé au !«' et au 4^ de sinople à la tour d'argent, aux fanaux de gueules, au bras armé mouvant du canton senestre, et aux 2® et 3^ de gueules aux trois léopards d'or couronnés de même posés en pal, orlé de gueules aux treize étoiles d'or.
8. La Gerda, écartelé, aux l^r et au 4«', Gastille et Léon, aux 2« et 3«, France moderne.
9. Pacheco, parti d'argent aux deux chaudières gironnées d'or et de gueules, à quatre cols de serpents et de gueules à la bande d'or, chaînée de dix-huit coins d'azur et au
centre d'un écu d'argent à la croix de gueules, orlé de cinq écus aux armes de Portugal.
10. Rojas, or aux cinq étoiles d'azur, à l'orle échiqueté d'argent et d'azur.
11. Cabrero, écartelé en sautoir au l^"" de gueules à la tour d'or, 2 d'azur à la couronne d'or, 3 d'ai^ent au lion de gueules, 4 d'or à la chèvre de sable entre sept batailles de sable.
12. Écartelé au l^r et au 4® de gueules à l'aigle éployée d'argent, aux 2e et 3® d'argent aux tours naturelles avec leurs feux de gueules, orlé de Gastille et de Léon.
13. Ariîîo, parti d'or aux trois loups passants de sable, 2 et
1, et d'argent à neuf hermines, 4, 3 et 2, au chef de gueules.
14. Albion et Luna, parti d'or à la fleur de lis d'azur avec trois artichauts de chaque côté du sinople, chacun avec sa fleur d'azur, chargé de la croix de Saint-Jean d'argent et de gueules au croissant renversé d'argent.
15. Villalpondo, parti de 2, coupé de 2 : neuf pièces, 1, 3, 5, 7, 9 d'or, les 2, 4, 6, 8 vairés d'azur et d'argent.
16. Zuîîiga, d'argent à la bande de sable, orlé de gueules, à la chaîne de sept chaînons d'or brochant [sur le tout],
Palafox et Kirkpatrick.
Palafox, de gueules aux deux bandes ' d'argent crénelées d'azur chargées de trois croix d'azur.
Kirkpatrick, d'argent aux trois étoiles de gueules, 1 et
2, et au sautoir d'azur, au chef d'azur, aux trois oreillers d'or 2.
Réponses de Viollet-le-Duc a Mérimée (1843-1854)
23 avril 1843.
Monsieur et Ami,
L'un des grands défauts de nos édifices, en France, c'est d'être ignorés. En Italie, le dernier des villages est exploré.
décrit, fouillé ; ne posséderait- il qu'une base antique, qu'un morceau de fresque médiocre, tous les guides en parleront, tous les voyageurs se croiront obligés d'aller visiter ces objets souvent insignifiants et qui n'acquièrent de valeur que parce qu'ils sont loin de nous, qu'il y a quelque danger ou quelque ennui à braver pour les rencontrer.
On ne saurait croire combien, en France, il existe de villages maussades qui contiennent encore des monuments, des maisons et des objets d'une valeur inestimable.
Sous le rapport de l'art ou de l'intérêt historique, il nous est arrivé bien des fois d'être forcés de nous arrêter dans ces tristes relais de poste, pestant contre les retards des voitures et des chevaux, et de découvrir, en cherchant à passer le temps, de petits édifices qui feraient la gloire d'une ville d'Italie.
Il y a deux ans, M. l'Inspecteur général des Monuments historiques de France n'a-t-il pas ainsi trouvé, en attendant des chevaux, une curieuse basilique carlovingienne à Vignory. Ce fait et cent autres moins importants doivent engager tous les artistes ou les archéologues quelque peu soucieux des choses de ce pays-ci à ne jamais se rebuter, à ne quitter une petite ville ou un village qu'après en avoir exploré tous les recoins.
Aujourd'hui, nos grands monuments sont assez bien connus, dessinés et décrits, mais nos grands monuments appartiennent la plupart à de grandes villes riches, et la richesse des villes, des chapitres ou des paroisses a plus détruit que la pauvreté et l'oubli ; aussi nos cathédrales sont-elles presque toujours dépourvues des objets mobiliers primitifs, ont-elles laissé briser leurs tombes, disperser leurs trésors, remplacer les anciens objets destinés au culte par des objets plus modernes. Ces villes riches et commerçantes ont démoli leurs anciennes murailles, leurs jolies maisons, leurs bâtiments municipaux, pour remplacer tout cela par des édifices sans nom et que l'on ne voit qu'avec regret si l'on songe à tous les trésors perdus.
Si donc l'on veut encore avoir quelque idée de ce que possédaient autrefois nos monuments religieux, de ce qu'étaient
les habitations de nos pères, c'est dans les villages ou les villes pauvres qu'il faut aller fouiller sans perdre de temps, car chaque jour voit abattre une vieille maison, vendre des retables, des boiseries, des meubles qui, de nos petites églises de campagne, tombent entre les mains de brocanteurs, barbares de nouvelle date, pillant la France comme les Romains ont jadis pillé la Grèce.
Vous, Monsieur, qui avez vécu sans cesse de cette vie du passé, vous comprendrez la joie, le bonheur secret que l'on éprouve lorsqu'on peut rapporter dans son calepin quelquesuns de ces trésors oubliés par les commis marchands d'antiquités.
En Italie ', bien des fois il m'est arrivé de trouver encore des objets dont aucun guide, dont aucun voyageur ne faisait mention ; mais combien ces trouvailles sont-elles plus intéressantes pour nous lorsqu'elles sont faites dans notre pays, qu'elles se rattachent à notre histoire, à nos mœurs, aux habitudes des hommes qui nous ont précédés.
Un beau portrait sera toujours une œuvre que vous regarderez avec plaisir, mais quelle valeur prendra cette œuvre à vos yeux si vous apprenez que ce portrait est celui de votre aïeul!
C'est peut-être une qualité de juger les œuvres d'art comme un médecin juge un cas de maladie, comme un chimiste analyse une substance, c'est-à-dire d'une manière absolue et indépendamment du sujet; j'avoue que cette qualité ne m'est pas donnée et que je serais même fâché de la posséder.
J'ai grand plaisir à voir une belle statue représentant quelque divinité grecque, mais c'est une contemplation pure et simple de la forme, car, pour éprouver l'effet que des œuvres de ce genre devaient produire, il faudrait se reporter à cette civilisation grecque si différente de la nôtre, replacer en imagination cette statue dans sa cella si tranquille, entourée de ces murailles peintes, éclairée par ce jour intérieur des temples antiques dont rien ne peut nous donner l'idée ; il faudrait connaître toutes les histoires lugubres ou gracieuses que le peuple attachait à ce marbre muet pour nous.
Admettons que l'on soit assez savant pour entourer une œuvre d'art de tant d'accessoires perdus ; toutes ces choses sont tellement loin de nous, si différentes de ce que nous voyons, que le travail du savant doit empêcher l'imagination d'agir vivement sur l'esprit. Lorsque, au contraire, je me trouve devant une sculpture qui me retrace les sujets sacrés qui nous sont familiers depuis notre enfance, ou des légendes avec lesquelles on nous a bercés ; quand ces sculptures sont belles et toutes empreintes d'un style qui n'a rien de l'antiquité, j'en connais, mais qui n'en est pas moins, à certaines époques de notre art, d'une pureté exquise, alors non seulement l'artiste est satisfait, non seulement la forme ravit, mais encore l'imagination excitée donne de la vie à tous ces bas-reliefs de pierre dont tous les personnages nous sont connus, dont tous les sujets nous rappellent les plus beaux enseignements que nous ayons reçus, ceux, du moins, qui sont restés le plus profondément gravés dans notre esprit et qui sont la base de notre civilisation moderne.
Cela dit, permettez-moi de vous parler d'un pauvre monument, ignoré aujourd'hui, mais plein de souvenirs qui tiennent à nos mœurs, à notre histoire et à notre caractère national.
Non loin de Semur, entre cette ville et Arnay-le-Duc, se trouve l'ancien prieuré de Saint-Thibault', autrefois le but de pèlerinages fréquents, possédant des reliques précieuses et de grands biens, aujourd'hui à l'état de ruine oubliée...
[Suit un rapport sur Saint-Thibault, dont M. G. Viollet-le-Duc a la minute; sa longueur n'a malheureusement pas permis qu'il prenne place ici.]
Narbonne, 6 septembre 1843.
Monsieur et Ami, Vous n'aurez pas de peine à croire que, depuis que je vous ai quitté ', j'ai mené une existence très décolorée ; la diligence m'a paru fort dure et les compagnons de voyage surtout
fort maussades. Plus de causeries le soir, plus de confidences sur les observations de la journée. Je ne cours plus le pays comme alors où, parmi toutes sortes de propos, je trouvais toujours moyen d'apprendre des choses nouvelles. Le commis voyageur et la table d'hôte ne m'ont jamais apparu sous un aspect plus hideux.
Retombé à Vézelay deux jours après notre séparation à Dijon, je me suis distrait de mes sombres pensées en me jetant à corps perdu dans les chiffres et les maçons.
Votre présence ' avait produit l'effet que j'en espérais : tout était en activité, malgré le mauvais temps, et tout marchait bien dans l'immense baraque. Je crois bien que nous arriverons à finir dans la campagne ce que nous avons commencé ; il le faut d'ailleurs et cette raison suffit.
J'ai pu m'assurer aussi que, jusqu'à présent, nous étions plutôt au-dessous du montant de nos devis qu'au-dessus, ce qui m'a permis de faire quelques nouvelles améliorations. Je remettrai en revenant à Paris un tableau qui prouvera le fait.
Vous vous rappelez l'abbé aux yeux très noirs de Pontigny2. Il est venu me relancer jusqu'à Vézelay pour savoir le résultat de votre délibération avec vous-même sur l'église : il n'a rien su, comme vous pensez bien. J'ai voulu lui laisser le plaisir de la surprise. Il paraissait fort inquiet, car il est revenu plusieurs fois à la charge, le malheureux !
De Vézelay, je me suis dirigé tant bien que mal, patachant parfois, mouillé souvent, jusqu'à Brive, où la Commission m'imposait un temps d'arrêt. Il faudra, je crois, faire quelque chose pour l'église : elle est curieuse et a grand besoin de réparations. La ville, comme toujours, prétend n'avoir pas un sou. Vous verrez cela.
De là, je suis arrivé à Carcassonne ; j'ai débrouillé l'affaire de Saint-Nazaire ^ avec le préfet, qui avait pris la chose à cœur.
L'architecte, fort peu content et qui m'aurait envoyé à tous les diables, a fourni, du bout des dents, des explications sur la plupart des points critiqués. J'ai fait sur toute cette enquête un long mémoire, très ennuyeux, que je remettrai à la Commission, mais le mal est arrêté et nous avons désigné
d'une manière positive l'emploi des 5,000 francs que le Ministère retenait sur cet exercice. On va, puisque ces 5,000 francs ne sont employés qu'en approvisionnements, faire un mémoire fictif pour ne pas laisser périmer cette somme ; mais les travaux désignés vont réellement s'exécuter ; le préfet y tiendra d'ailleurs la main et, l'année prochaine, je verrai bien si tout est en règle ; cela est convenu.
Cette petite église est si précieuse que vous pouvez vous en rapporter à moi pour ne pas lui laisser enlever un moellon sans de bonnes raisons et, surtout, pour ne pas laisser vos crédits passer en bagatelles.
Enfin, sans être trop affecté des malédictions mentales dudit architecte, je suis arrivé ici, où j'ai enlevé l'affaire de l'archevêché, qui va vous retourner au Conseil des Bâtiments civils.
Quant à Saint-Just', votre allocation s'emploie en travaux de restauration des meneaux, fenêtres et verrières, ainsi qu'il était convenu.
J'ai vu M. de Saint- Aubin, le propriétaire de Fontfroide^. II prendra avec l'administration tous les engagements possibles pour que son cloître et son église ne soient démolis ni par lui, ni par ses enfants, ni par les acquéreurs de la propriété. Il me remettra, demain, une lettre à ce sujet et est très chaud pour la conservation de ce petit bijou, dans lequel il avait déjà dépensé une somme assez forte et sagement employée. Vous trouverez tout cela dans mon rapport de l'année dernière.
Voilà où j'en suis et je vais, maintenant, me diriger vers les départements de Tarn-et-Garonne, Gers, Lot-et-Garonne, pour remplir le reste de ma mission.
Je reviendrai à Paris par Bordeaux : si vous avez quelque chose à me faire savoir, envoyez vos instructions à mon père, qui me les adressera dans mes quartiers généraux aux époques que je lui ai indiquées.
Le soleil a seul pu me faire un peu oublier notre séparation ; je ne suis plus mouillé depuis que j'ai quitté Toulouse. Je me sèche pour quelque temps, car il fait ici une chaleur de beaucoup de degrés dont je jouis à mon aise. Je vous en
souhaite autant là-bas, avec un aussi beau ciel, autant de poussière, un peu de cette couleur qui dore si bien nos vieilles bâtisses narbonnaises — et moins de moustiques.
Je vous prie de ne pas m'oublier auprès de ces messieurs de la Commission, si vous vous réunissez quelquefois, de me rappeler à leur souvenir bienveillant et d'excuser auprès de M. Duban ' ma longue absence de la Sainte-Chapelle.
Veuillez dire, si vous en trouvez l'occasion, à M. Grille de Beuzelin - que je le remercie de la lettre et que je trouverai à Montauban les mémoires supplémentaires de Vézelay et que je les enverrai de là, après vérification, à la préfecture de l'Yonne.
J'espère bien vous voir encore à Paris avant votre départ pour l'Afrique ^.
Votre bien affectionné, bien dévoué et bien triste ex-compagnon de route.
VlOLLET-LE-DuC.
Semur, 9 mars 1846 \ Mon cher Ami,
« Pourquoi ne pas prévenir plus tôt? » me paraît bien trouvé. Prévenir plus tôt que Vézelay tombait, tombe et tombera, nous sommes tous prévenus de cela depuis longtemps"'. J'ai toujours été au plus pressé : la nef, le chœur, le porche. Aujourd'hui c'est la tour et la façade ; qu'y a-t-il là d'étonnant? Demain ce sera le tour du transept. Vous les avez vues, cette tour et cette façade ; leur temps est venu. Il faut s'y mettre et voilà tout.
Je vous préviens aujourd'hui que, si on ne répare pas, le mal peut en venir au point de n'être plus réparable. Je vous préviens parce que vous diminuez mes allocations et que je n'ai pas fini, comme je vous aurais prévenu pour le porche si à cette époque vous aviez suspendu vos paiements. Or, je m'y mets parce que je vois qu'il serait dangereux de lanterner. Mon devis prévoyait cela, il n'y a pas de surprise.
Déposer la façade et la tour? C'est là une façon honnête
d'ordonner une démolition qui me parait peu conforme aux principes d'un restaurateur.
Obtenir des délais des entrepreneurs? On obtient des délais d'entrepreneurs à Paris, à Rouen, à Blois, à Dijon, à Reims, peut-être, mais à Vézelay ! On obtient du travail avec bien de la peine, même en le payant, et rien autre chose.
Après tout, en ne perdant pas la tête, tout ira pour le mieux. J'ai 20,000 francs cette année; donnez-moi 15,000 francs soit sur 1845, soit sur 1846, cela fera 35,000 francs ; je n'en demande pas plus aujourd'hui. En 1847, vous m'en donnerez 30,000 au lieu de 20,000 ; ce sera 65,000. Le reste sera payé en 1848. La situation n'est donc pas désespérée. J'ai donné tous les détails, commandé toute la pierre, les échafauds, fers et cintres, comme si j'avais l'argent en poche. J'ai donné les épures par étages et sur toutes faces (pour la tour seulement) et je suis tranquille, car vous ne m'abandonnerez pas, ou si vous m'abandonniez vous seriez responsable. Je n'y ai pas touché, à votre tour, que pour la caler par le bas, et ce n'est pas ma faute si vous m'avez mis sur le dos un monument qui croule avec mission de le restaurer... sans argent !...
Maintenant, passons aux détails. Vous savez que la tour de Vézelay est du xn« siècle de la base au beffroi : le sommet a été bâti au xni«. La construction romane n'était pas destinée à porter le dernier étage, qui est fort lourd et passablement élevé. Cette construction romane est toute composée de blocages et de minces parements de pierre altérés depuis longtemps par des infiltrations pluviales et un premier incendie qui date du xvi« siècle. En 1821, un second incendie détruisit la flèche en bois, ainsi que le beffroi, qui avaient été refaits, enfonça trois voûtes et calcina pour la seconde fois tout l'intérieur jusqu'à la base, et la base plus que le reste. On restaura, soi-disant, ce dégât, c'est-à-dire qu'on enduisit les murs de mortier, qu'on refit une voûte sous le beffroi pour le porter (voûte qui croulait et que j'ai fait étayer depuis deux ans), qu'on boucha les fenêtres inférieures avec du moellon posé à sec et qu'on remplaça quelques pierres entièrement calcinées par de la terre et des dalles. Notez
que deux escaliers pratiqués dans l'épaisseur des murs de la tour romane, du côté de la façade, ne laissaient guère, dans une grande hauteur, que deux parements isolés pour porter la construction du xiii® siècle. Outre cela, il y a environ quinze ans, on démolit un énorme massif de maçonnerie qui, du côté du midi, tenait à la base de cette tour et faisait l'un des pieds-droits de la porte de l'abbaye.
Quand j'eus l'honneur de faire la connaissance de ce monument, la tour était dans le plus pitoyable état ; elle aurait effrayé tout le monde, s'il n'y avait pas eu à côté la nef et le porche qui croulaient (vous le savez). Il fallut sauver bien vite la nef et le chœur, puis bien vite le porche qui tombait d'un côté pendant qu'on le réparait de l'autre. Aujourd'hui, il faut sauver bien vite la tour et la façade ; ce n'est pas beau, j'en conviens, mais il faut soutenir cela comme le reste.
Déjà, l'été dernier, je m'étais aperçu qu'il se faisait un petit mouvement dans l'éperon de cette tour, le deuxième au midi. Ce mouvement partait du pied. Je le fis fouiller et je trouvai une cave sous l'éperon. Il fut repris à partir du roc, remonté jusqu'à quinze mètres et chaîné avec la pile intérieure au niveau du sol de la galerie.
L'arc-doubleau de la galerie au droit de ce contrefort se trouvait complètement calciné ; il fut repris en sous-œuvre sous la face est de la tour : cela n'a pas bougé. Je continuai de reprendre ainsi, successivement, les trois autres piedsdroits extérieurs de la tour dans toute la hauteur du rez-dechaussée. Je fis boucher le premier escalier et tout ce rezde-chaussée ne fit plus le moindre mouvement. Mais maintenant que les angles sont repris et roidis par le bas et ne peuvent plus céder, les milieux des trois faces est, sud et ouest de la tour s'affaissent parce que les maçonneries inférieures sont dans le plus misérable état.
Ainsi à l'est, sur l'arc-doubleau que j'ai refait à neuf dans la galerie, j'ai enlevé les enduits et j'ai trouvé une maçonnerie calcinée et réduite en pierres grosses comme du caillou et sans mortier.
Au midi, depuis que le massif de l'ancienne porte de l'abbaye a été enlevé, la maçonnerie comprise entre des deux
contreforts s'écrase, parce qu'elle est réduite en poussière
par le feu qui s'était amassé à l'intérieur.
A l'ouest, les murs des escaliers bouclaient en dedans et en dehors, ainsi, sous le poids supérieur. Or, vous verrez par le dessin joint à cette lettre que sur ces milieux portent les trumeaux des trois étages de fenêtres de la tour romane du xiii« siècle. Eh bien, il faut que je reprenne ces milieux depuis le bas jusqu'au beffroi, voilà tout I Mais il le faut, parce qu'ils s'affaissent
tous les jours.
L'étage du xiii« siècle ne bouge pas, car les quatre piles
d'angles sont bonnes, heureusement, grâce aux reprises
déjà faites.
Voilà le sens des lézardes sur les trois tours qui, par leur
direction, prouvent bien que les milieux seuls cèdent :
Si les angles cédaient, les lézardes seraient dans cette direction, ce qui serait bien plus grave. Mais, encore une fois, il ne s'agit point de reculer, car si le point A qui soutient encore les trumeaux de la tour du xiii« siècle, parce qu'il fait une sorte de voûte avec les points BB, venait à céder comme le point C, les trumeaux baisseraient et exerceraient une telle pression sur les
points B que les points DD seraient forcés de s'écarter et
qu'il n'y aurait plus qu'à crier gare, comme à Saint-Denis.
Voici l'effet qui se produirait au moment de la chute :