XII INTRODUCTION
mots : « Composé et écrit par Prosper Mérimée, fou de S. M. l'Impératrice'. »
La nouvelle obtint quelque succès à la cour de Biarritz ; Mérimée écrivit à ce propos :
«... Lorsqu'on ne joue pas aux petits papiers, on lit. J'ai proposé de lire Wilhelni Meister de Goethe, mais, après le premier chapitre, on l'a déclaré la plus ennuyeuse chose du monde. On a trouvé aussi très ennuyeuses des nouvelles de Turghenef {sic) que moi je trouve très jolies. Par compensation, on s'est amusé d'une petite histoire que le désœuvrement m'a fait écrire. Il est vrai qu'elle est fort immorale... »
Le manuscrit resta aux Tuileries jusqu'en septembre 1870; il tomba aux mains des membres du nouveau gouvernement, avec d'autres papiers, que M. Burty songea à publier sous le titre Papiers et correspondance de la famille impériale. Le livre, de format in-8° carré, fut même composé. La Chambre bleue formait le dixième chapitre et occupait les pages 110 à 128. Puis il sembla à Burty que la nouvelle n'était pas assez sérieuse pour figurer avec les autres documents officiels, et il décida d'en faire une édition à part, à tirage réduit.
Cette édition fut préparée avec beaucoup de soin, puisque, sur l'un des exemplaires d'épreuves qui restent, on lit cette note manuscrite de Philippe Burty : « Je prie instamment le correcteur de respecter toutes les bizarreries d'orthographe. Elles sont au compte de Mérimée luimême, dont le manuscrit a été soigneusement transcrit. »
1. D'après les renseignements groupés par Georges Vicaire dans son Manuel de l'amateur de livres du XIX' siècle, à l'article Chambre bleue (Paris, Rouquette, 1904, t. V, colonne 738).