‹ [Œuvres complètes] (volume 5)Chapitre 14 sur 71 · INTRODUCTION XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XV

peut passer pour de bonne guerre, moins d'un an après la chute de l'Empire.

Malheureusement, l'auteur de la note ne s'en est pas tenu là. Il indique que l'histoire est réellement « arrivée », et il nous invite à en chercher les héros. Il relève certains détails. « Quel est ce M. Léon dont le petit sac noir contenait un pantalon turc ? » Quand on connaît le goût de Mérimée pour les vêtements exotiques, on est amené à penser qu'il s'agit de lui.

L'auteur pose encore une autre question : « Quelle est cette dame dont la mule sentait le bouquet à la vanille? » La réponse qui vient à l'esprit est celle qui est fournie par le texte de Mérimée : « (La mule) sentait la vanille; son amie avait pour parfum le bouquet de l'impératrice Eugénie. »

Le sens caché et perfide de cette note n'est pas douteux. L'insinuation est une calomnie. Certes, Mérimée parait avoir été fort libre avec les dames de la Cour et même avec l'Impératrice. On trouve, par exemple, dans sa correspondance, la lettre suivante, écrite de Londres, le 28 juillet 1865, et qui surprend quand on pense qu'elle est adressée à la princesse Julie :

« Pendant que je suis sur ce sujet, je vous dirai que je demeure sur un grand square, dans un quartier assez tranquille et qui passe pour moral. Hier, vers minuit, je fumais à ma fenêtre et, précisément au-dessous, s'est passée une scène de séduction très complète. Les acteurs, dont je ne pouvais voir les traits distinctement, semblaient des gens convenables, du moins quant au costume. Leur amour devait être très violent. »

Mérimée ne se contentait pas de ces libertés de lan-

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