XXIV INTRODUCTION
L'affaire s'arrêta donc là. Le conte eut ensuite à Bruxelles deux éditions à tirage limité avant de trouver enfin asile dans les Dernières nouvelles.
in. — Djoumane
Il est difficile de fixer la date à laquelle fut composé Djoumane. Dans une lettre du 2 septembre 1868, Mérimée écrit à la première Inconnue :
« Pendant que j'étais à Fontainebleau, il m'est arrivé un accident assez étrange. J'ai eu l'idée d'écrire une nouvelle pour mon hôtesse, que je voulais payer en monnaie de singe. Je n'ai pas eu le temps de la terminer; mais, ici, j'y ai mis le mot fin, auquel je crains qu'on ne trouve des longueurs. Mais le plus étrange, c'est que j'avais à peine fini que j'ai commencé une autre nouvelle... »
La suite de la lettre montre clairement que cette autre nouvelle, c'est Lokis. La première n'est ni // Viccolo, écrit en 1846, ni la Chambre bleue, qui date de 1866. On peut donc penser qu'il s'agit de Djoumane ; c'est peut-être, en effet, la seule nouvelle de Mérimée à laquelle il soit possible de « trouver des longueurs ».
En l'absence de toute autre indication, il est donc permis de supposer que Djoumane fut achevé en 1868.
Mérimée s'intéressait à l'Algérie depuis longtemps déjà. Vingt-quatre ans plus tôt, il devait y faire une tournée pour inspecter les monuments historiques. Il écrivait de Paris à l'Inconnue, le 19 août 1844 :
(x II est tout à fait décidé que je partirai pour l'Algérie du 8 au 10 du mois prochain. Je resterai ou plutôt je courrai çà et là, jusqu'à ce que la fièvre ou les pluies viennent m'interrorapre. De toute façon, je ne vous re