‹ [Œuvres complètes] (volume 5)Chapitre 23 sur 71 · INTRODUCTION XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXV

verrai qu'en janvier... Pendant que vous apprenez le grec, j'étudie l'arabe. Mais cela me semble une langue diabolique, et jamais je ne pourrai en savoir deux mots. »

Il surgit un contretemps, raconté dans une lettre du 14 septembre 1844 :

tf Tout était prêt et nous allions partir aujourd'hui, quand est venue une bourrasque qui a jeté nos projets au vent. Il y a conflit entre la Guerre et l'Intérieur. La Guerre ne veut point de nous. Nous restons ou, pour mieux dire, je ne vais pas en Afrique. Je vais passer une quinzaine de jours en courses, et je reviendrai à Paris. A part la vexation qui accompagne tout le projet avorté et le regret très vif d'avoir employé deux mois à apprendre un tas de choses inutiles, j'ai pris mon parti avec la plus grande impassibilité. »

Quinze ans plus tard — songeait-il alors à composer Djoûmane? — il voulait se documenter sur l'Algérie. Il écrit, le 12 décembre 1859, à M. Clerc de Landresse ' :

« Vous seriez aimable de dire à M. Dumont que je lui serai obligé de m'avoir la Grande Kabylie, les Chevaux du Sahara et les autres ouvraiges sur l'Algérie du général Daumas. »

L'année suivante, comme l'Inconnue fait un voyage en Algérie, Mérimée espère tirer d'elle des renseignements. Il lui écrit le 7 octobre 1860 :

« Je comprends fort bien l'éblouissement et l'intérêt que doit avoir pour vous la première vue de la vie orientale. Vous dites très bien que vous trouvez à chaque pas des choses bouffonnes et d'autres admirables. Il y a en efFet toujours quelque chose de bouffon dans ces Orientaux, comme dans certaines bêtes étranges et pompeuses que nous voyions autrefois au Jardin des Plantes. De-

l. F. Chambon, Lettres inédites. Moulins, p. 211.

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