‹ [Œuvres complètes] (volume 5)Chapitre 37 sur 71 · INTRODUCTION XXXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXIX

beaucoup de choses, notamment pourquoi les fils ne ressemblent pas toujours à leurs pères. Je ne puis que vous renvoyer l'article du D"" Froeber dans la Severnaïa Gazeta de Saint-Pétersbourg, où il rapporte le fait, mais il ne conclut pas. Cet infortuné jeune homme ne savait pas bien la nature du sentiment qui le portait vers cette jeune demoiselle, et ne l'a su qu'après l'avoir mangée. »

Pas plus que les demoiselles d'honneur de l'Impératrice, les lecteurs de la Bévue ne furent choqués, ainsi que le montre une lettre écrite par Mérimée à Panizzi et datée de Paris, 2 octobre 1869 :

« Avez-vous lu mon Ours? Il n'a fait aucun scandale, et on tient pour certain qu'il n'y a eu dans l'afï'aire qu'une peur de femme grosse. »

Il faut croire, d'ailleurs, que la nouvelle n'avait point frappé Panizzi, car il ne parut pas comprendre de quoi il s'agissait, et Mérimée dut lui rafraîchir la mémoire le 4 décembre 1869 :

« L'Ours dont je vous parlais est le héros d'une nouvelle que je vous ai lue à Montpellier: mais je vous soupçonne d'avoir dormi tout le temps. »

Aucun scandale ne fut donc causé par ce récit, pour lequel trois femmes avaient influencé Mérimée. En pensant à l'Autre Inconnue, il avait eu une vision scabreuse, quasi sénile. Grâce à la première Inconnue, la nouvelle était devenue parfaitement innocente. L'Impératrice, enfin, parce qu'elle ne fut point choquée, donna l'imprimatur.

Mérimée était trop blasé pour tirer quelque vanité de la publication de cette nouvelle. Tout au plus goûta-t-il le plaisir ironique de la faire passer pour un conte à

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