‹ [Œuvres complètes] (volume 5)Chapitre 40 sur 71 · XLIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLIV INTRODUCTION

fondre dans son récit, notamment au début du chapitre m.

Ce chapitre contient en outre une description de la forêt lithuanienne que Mérimée a encore empruntée au même livre. Mais, cette fois, c'est à un passage de Mickiewicz lui-même, traduit par Charles Edmond. On y voit tous les détails donnés par Mérimée :

« Si l'on pénétrait dans ces forêts immenses, dans leurs taillis épais, on trouverait, dans leurs profondeurs, des remparts de troncs, de branches, de racines, défendus par des marais, par mille ruisseaux, par un réseau d'herbages entrelacés, par des fourmilières, par des nids de guêpes et de taons et par des monceaux de serpents se dressant en spirales.

« Et quand, par un courage surhumain, on sortirait vainqueur de ces épreuves, on devrait plus loin faire face à de plus grands dangers encore.

« Plus loin, en effet, et à chaque pas, comme des fosses à loups, de petits lacs guettent leur proie, à moitié cachés par la verdure, si profonds qu'on n'en trouvera jale fond...

« Chauves, rabougris, vermoulus, maladifs, s'atfaissanl vers la terre sous leurs branches couvertes de mousses entortillées, et courbant leurs troncs hérissés d'affreux champignons, ces arbres sont accroupis autour de ces marais comme une bande de sorcières se chauffant autour de la chaudière oii elles font bouillir un cadavre humain ' . »

Cette forêt, Mérimée la décrit à son tour, et il fait allusion à la vieille légende lithuanienne qui veut que, au centre de la forêt, se trouve une sorte de république d'animaux. C'est encore à Mickiewicz qu'il a pris ce

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