‹ [Œuvres complètes] (volume 5)Chapitre 41 sur 71 · INTRODUCTION XLV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLV

détail, toujours au même poème de Messire Thadée, et sans doute à la traduction qu'en donne Charles Edmond dans son livre. C'est d'ailleurs la seule dette que Mérimée reconnaisse ouvertement, puisque c'est à la fin de sa description de cette république d'animaux que, dans une note, il cite le livre de Mickiewicz et celui de Charles Edmond. Voici le passage de Mickiewicz, tel que le donne le traducteur :

« Là, comme dans l'arche de Noé, se conserve, pour la reproduction de l'espèce, une paire au moins de tous les animaux.

« Au milieu, dit-on, s'élèvent les châteaux du vieil auroch, du bison et de l'ours, ces monarques des forêts. Autour d'eux, comme des ministres vigilants, se nichent sur les arbres l'once agile et le glouton vorace.

<( Plus loin, pareils à de nobles vassaux tout respectueux, demeurent les sangliers, les loups et les élans aux larges cors. »

Cette description de la forêt et de ce qu'elle recèle est en effet le seul emprunt direct que Mérimée ait fait à Mickiewicz. Mais il a trouvé, dans l'auteur polonais, d'autres indications qui lui ont fourni des scènes qu'il n'a point traitées avec ampleur, par peur peut-être de copier Mickiewicz, ou de se montrer inférieur à lui en reprenant le sujet. C'est ainsi que l'auteur polonais fait un récit minutieux d'une chasse à l'ours, que Mérimée traite succinctement.

De même, Mickiewicz décrit un banquet, avec la joie populaire qui l'accompagne et les vieilles danses auxquelles tous prennent part. Mérimée emprunte l'idée, mais a soin de n'imiter aucun détail et de ne pas faire allusion, notamment, à la danse décrite par Mickiev.icz.

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