‹ [Œuvres complètes] (volume 5)Chapitre 42 sur 71 · XLVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLVI INTRODUCTION

Mérimée transforme d'ailleurs le banquet en un festin dé noces, suivant en cela une simple indication fournie par le poète polonais dans la phrase suivante, prononcée par un noble seigneur : « Il y a une coutume dans notre famille de se marier au son de la musique du village. »

Ainsi, Mérimée a emprunté sa couleur locale à Mickiewicz ou à un commentateur de celui-ci. Mais, tout en s'inspirant de son modèle, il ne l'a vraiment imité que dans la description de l'étrange forêt lithuanienne. Là, sa personnalité s'est trahie seulement par une touche ironique ; cette république d'animaux que Mickiewicz décrit imperturbablement, elle a amusé Mérimée, et ce n'est pas sans humour qu'il parle de l'ours « maréchal de la diète ».

Mais, chaque fois que Mickiewicz fournissait à Mérimée une description complète, l'auteur français s'est contenté d'une simple allusion. Au contraire, des indications rapides ont été transformées par lui en scènes entières. C'est ainsi qu'il a imaginé la danse de la roussalka. C'est ainsi encore que l'épisode de la sorcière, inventé par lui, est sorti de divers détails qu'il a groupés en un tout : abondance des champignons et des serpents dans la forêt, coutume qu'avaient les anciens Lithuaniens d'apprivoiser les reptiles.

Si donc il a imité Mickiewicz, il l'a fait en homme de goût qui a soin de ne pas copier servilement son modèle, et qui tient à conserver sa propre élégance.

Quelle que soit la dette de Mérimée envers Mickiewicz, il est évident que Lokis doit beaucoup à Hoffmann, et d'abord au Majorât.

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