‹ [Œuvres complètes] (volume 5)Chapitre 45 sur 71 · INTRODUCTION XLIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLIX

fluence d'Hoffmann, où grandit celle d'Edgar Poe, on ne peut comparer aux Pliantasiestûcke l'œuvre la plus fantastique qu'ait jamais conçue Mérimée : Lokis. L'auteur de Carmen repi'end, après Nodier, le thème du vampirisme : il dépeint un type monstrueux, le comte Michel Szemioth, qui, la nuit de son mariage, tue sa femme pour boire le sang qu'il voit couler à travers la chair douce et légère de son cou. Hoffmann a refusé de traiter certains sujets qui ressemblaient beaucoup à celui de cette nouvelle : il aurait reculé devant celui-ci. »

Si, dans son ensemble, la thèse semble inexacte, puisque Hoffmann a traité le même sujet, il n'en reste pas moins qu'il faut citer, à propos de Lokis, et le vampirisme de Nodier et les Histoires extraordinaires d'Edgar Poe.

Il est évident que, en reprenant le thème du vampirisme, Mérimée le perfectionne. D'abord, il le rend plus simple et plus humain. Le vrai vampire, c'est un cadavre qui, la nuit, quitte sa tombe pour venir sucer le sang des vivants. Le vampire de Mérimée est, lui aussi, vivant et, en la circonstance, cela peut passer pour un mérite et pour une excuse à des mœurs singulières.

Mais il y a mieux. Pour Nodier, le vampirisme est une superstition exotique et populaire qu'il faut accepter sans contrôle. Avec Mérimée, la manie du personnage est située dans l'âme humaine : c'est ce que les médecins appellent une impulsion. Et ici intervient l'influence d'Edgar Poe; car c'est lui qui, à la superstition, a substitué la science et qui a transformé le fantastique en une véritable étude des maladies mentales.

Celle du comte Szemioth, Mérimée l'étudié avec beaucoup de soin. Elle a une explication utérine fort nette; de

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