Dernières Nouvelles, p. 231 (ci-dessus, p
phrase symptomatique qu'il nous' faut citer. Voici le por-, trait que fait Mérimée de la belle Mauresque rencontrée à la fin de sa randonnée souterraine : « Ses traits ressemblaient à ceux de la malheureuse enfant que je venais de voir, mais plus formés, plus réguliers, plus voluptueux^. »
A quoi bon cette transformation de l'être convoité, si elle n'est pas destinée à l'apaisement de la censure? 11 suffît, en effet, pour que celle-ci n'ait plus rien à objecter, que l'enfant ait un peu vieilli, qu'elle soit devenue une jeune femme. La morale étant dès lors satisfaite, le rêve peut s'accomplir heureusement.
Mais la nature même de cette transformation nous prouve ae façon définitive que c'était bien, en effet, l'âge de Konfant qui provoquait la révolte de la conscience. Et du même coup nous comprenons que Djoumâne, le serpent, ne peut être que le symbole de l'acte sexuel. Cette symbolique des reptiles dans les rêves, et aussi dans les névroses, a souvent été signalée par le D^ Freud.
Rappelons-nous de quelle façon singulière Djoumâne pique l'enfant juive : « Je vis couler quelques gouttes de sang sous l'anneau qu'elle portait à la cheville. Elle tomba à la renverse, pleurant et grinçant des dents. Une écume blanche couvrit ses lèvres, tandis qu'elle se roulait dans la poussière 2. »
Ce détail du sang coulant justement sous Vanneau que porte l'enfant à la cheville est en vérité d'une grande précision. Vaut-il mieux l'attribuer à l'on ne sait quel hasard cérébral qui l'aurait fait surgir dans la pensée de l'auteur que d'y voir le symbole de la défloration? Le hasard, on le sait, n'a place, aux yeux des psychologues, dans le déroulement des idées et des images.
Mais, l'acte accompli, « un grand mouvement s'opère dans le cercle des spectateurs », et l'effroi saisit le rêveur. Cependant il repousse aussitôt les images inquiétantes évoquées par la censure à l'aide de ce stratagème : c'est une farce, un